Monaco
constitue avec la France depuis 1865 une Union douanière
(dont les modalités ont été précisées
en 1962) et sa monnaie est l'euro. Le budget de l'État
est alimenté essentiellement par la TVA (54 %) et
les monopoles (jeux) concédés ou exploités
(17,5 %). L'économie monégasque est avant
tout une économie où les services (banques) et
le tourisme jouent un rôle traditionnellement important.
Mais l'industrie, qui contribue au dixième du chiffre
d'affaire monégasque, notamment grâce à
certains secteurs à haute valeur ajoutée (pharmacie,
cosmétiques, matières plastiques), les laboratoires
de recherche, les télécommunications et les bureaux
d'études sont également hautement performants.
Favorisée par une faible fiscalité, la fonction
industrielle attire souvent le personnel des villes très
proches; la Principauté offre plus d'emplois (38.000)
qu'elle ne compte d'habitants.
Les
relations avec la France
C'est un traité signé le 17 juillet 1918
qui définit encore aujourd'hui les relations entre Monaco
et la France, cette dernière s'engageant à garantir
la souveraineté de la Principauté. Cette coopération
a été renforcée par la convention du 28 juillet
1930, instituant entre autres dispositions, la mise à
disposition de fonctionnaires français dans les domaines
touchant à l'ordre public, les relations extérieures
ou la justice. Les fonctions de ministre d'État (chef
du gouvernement, directeurs des services fiscaux et judiciaires)
reviennent à des fonctionnaires français. Quinze
magistrats, sur les vingt et un en exercice en 2000 dans
la Principauté, sont détachés par la France.
Les
domaines judiciaires, financiers et fiscaux sont en effet centraux
dans les liens d'«amitié protectrice» qui
unissent la France à Monaco. En 1962, une crise
grave entre les deux États, portant sur le statut fiscal
privilégié institué dans la Principauté,
entraîna la création de l'Union douanière.
Une autre convention, fiscale, arrêtait le reversement
des sommes au titre de la TVA. Cette quote-part, dénoncée
alors par les parlementaires français comme une «subvention
annuelle des contribuables français à Monaco»
n'a cessé de croître (126 millions d'euros
en 1998). En 2000, les relations économiques
et financières entre la France et Monaco ont de nouveau
fait l'objet de rapports très critiques de la part des
parlementaires français et du ministère des Finances,
dénonçant les lois de finances monégasques.
En matière fiscale, notamment, les autorités de
la Principauté sont accusées de ne pas publier
de «comptabilité nationale» et de fonder
la prospérité économique du Rocher sur
une «fiscalité modérée, le secret
bancaire et l'implantation de sociétés holdings».
Le ministère français des Finances souhaiterait
également que des mesures plus contraignantes soient
prises par les autorités monégasques pour accroître
la «transparence» financière de la Principauté,
notamment par une réforme des Services d'information
et de contrôle sur les circuits financiers (Siccfin),
chargés de la lutte contre le blanchiment et la délinquance
financière.