Par
sa position, son histoire, sa culture et ses velléités
politiques, l'Ukraine, comparable à la France par la
superficie (603.700 km2) et le nombre d'habitants (49,9 millions
d'habitants), est la plus européenne des Républiques
issues de l'URSS.
Les
plus longues frontières terrestres de l'Ukraine sont
celles qui la séparent, à l'est et au nord, de
la Russie et de la Biélorussie. À l'ouest et au
sud-ouest, le pays est en contact avec la Pologne, la Slovaquie,
la Hongrie, la Roumanie et la République moldave. Il
s'ouvre longuement sur la mer Noire et son annexe, la mer d'Azov.
L'Ukraine s'inscrit pour l'essentiel dans une plaine de plus
de 1.000 km d'ouest en est sur 600 km du nord au sud,
sans accident topographique notable autre que les grandes vallées
conduisant à la mer Noire (Dniepr, Boug) et les discrètes
zones élevées dans l'Ouest «carpatique»
et en Crimée.
Les
montagnes ukrainiennes, accidents marginaux par rapport aux
grands espaces des plaines, sont en fait des fragments terminaux
de l'ossature montagneuse de l'Europe centrale et méditerranéenne.
L'ensemble le plus pittoresque est constitué par l'arc
carpatique, dans l'ancienne Ruthénie subcarpatique, rattachée
au territoire soviétique après la Seconde Guerre
mondiale. L'autre massif, qui culmine à un peu plus de
1.500 m, est davantage intégré au pays et
forme l'armature de la Crimée, péninsule annexée
depuis plus de deux siècles par la Russie impériale.
Cette «annonce» de la grande chaîne caucasienne
présente au sud une simple répétition des
rivieras méditerranéennes. Comparable à
la côte dalmate, cette région offre même
des illusions de paysage subtropical. En arrière du triangle
criméen s'établit le contact entre la plaine ukrainienne
des terres noires et la mer Noire. Tout le reste du territoire,
soit environ 500.000 km2, est constitué d'un glacis
de bas plateaux et de collines écrasées.
Si
les dénivellations ont peu d'importance, le paysage des
vallées ukrainiennes est plus révélateur:
les fleuves et leurs affluents sont, de loin en loin, encaissés
dans un substrat plus dur que les sédiments friables
que l'on rencontre en amont; ils ont ciselé des rapides
et de petites gorges dans les rétrécissements
de vallées. Cette zone de trouble dans la monotonie des
horizons plats a retenu l'attention au point de faire figure
de frontière naturelle dans la tradition populaire: les
Polonais n'osaient pas affronter les raids des Cosaques venus
de l'autre côté des rapides. Beaucoup plus tard,
les ingénieurs de la jeune Union soviétique ont
choisi un des sites de rapides sur le Dniepr pour en faire le
modèle d'application des techniques nouvelles de la maîtrise
de l'énergie hydraulique.
La
côte de la mer Noire est plate et longée par des
étangs et des marais. Les lieux stratégiques sont
des estuaires plus ou moins importants, par endroits ourlés
de lagunes ou de zones de récifs. Le site d'Odessa, utilisé
originairement par les Turcs, est devenu, par mutations successives,
le grand port civil et militaire du sud de l'Empire russe. La
Crimée est une presqu'île de 360 km d'ouest
en est et de 250 km du nord au sud, et ses montagnes dissymétriques
dominent de plus d'un millier de mètres la côte
abritée et ensoleillée de Yalta. Toutefois, si
le climat d'abri de façade maritime a favorisé
l'esquisse d'une riviera, l'arrière-pays, entre la frange
côtière et les moissons du tchernozem, est trop
austère pour qu'on puisse véritablement parler
d'une «région» méditerranéenne
ukrainienne.
Population
Un tiers de la population ukrainienne est massé dans
deux constellations urbaines et industrielles, à l'intérieur
des coudes du Don et du Dniepr, où se trouvaient les
ressources minières et les sources d'énergie.
Le
fort développement des capitales régionales à
drainé vers les villes une grande partie de la population
rurale. La capitale politique d'abord, Kiev, avec une agglomération
de 2,6 millions d'habitants, la vieille ville ruthène
de Lvov (797.000 h.) et celle de Kharkov (1.536.000 h.),
devenue, au temps de l'Union soviétique, une grande métropole
industrielle. Les ports de la mer Noire, Odessa (1.037.000 h.)
et Sébastopol (401.200 h.), ont eux aussi absorbé
un grand nombre de ruraux.
On
enregistre, depuis 1989, un recul de l'espérance
de vie – passée de 71 à 67,5 ans
en 1995, elle semble imputable à la dégradation
des conditions environnementales et sanitaires – et
une chute de la natalité de 28 %.
Moyennes
des températures