La
Suisse évoque d'abord une kyrielle de clichés
: le chocolat, les coucous, les jodleurs en culottes
de cuir, les banquiers sans humour et les grandes
organisations internationales.
Mais
s'arrêter à ces images peu enthousiasmantes
serait faire insulte à un pays qui a su construire
une vraie culture nationale en réalisant
la fusion des particularismes allemand, français
et italien : la richesse de ses légendes
et de son passé médiéval, qui
vit se développer les recherches alchimiques
et s'ériger de prestigieuses abbayes, le
rôle intellectuel de ses citoyens durant la
Réforme, puis au siècle des Lumières.
Les paradoxes qui caractérisent la société
suisse actuelle montrent que, sous une surface lisse
et passablement ennuyeuse, la Suisse n'est dénuée
ni de mystère ni de complexité. Ne
sous-estimons pas davantage la plus éclatante
de ses séductions : ses massifs alpins, dignes
de subjuguer les randonneurs, les alpinistes et
les skieurs les plus blasés.