Vasco
da Gama, premier Européen à avoir ouvert la route
de l' Inde en contournant l'Afrique. Bien que sa date de naissance
ne soit pas connue avec précision, Vasco de Gama fut
issu d'une famille illustre et bénéficia d'une
éducation à la fois militaire et scientifique.
Les récentes découvertes africaines avaient fait
de la navigation le domaine de prédilection des Portugais
ambitieux et comme beaucoup de ses contemporains, il eut à
étudier la géographie de Strabon et Ptolémée
avant d'être captivé par les écrits de Vespucci.
C'est donc très naturellement qu'il appartenait à
la prestigieuse école nautique de Sagres. La période
qui s'étend de la fin de ses études et la grande
expédition de 1497 n'est pas très connue non plus.
Vasco de Gama se fit remarquer cependant en rendant d'importants
services au Roi Jean II, notamment en saisissant les navires
corsaires français qui pillaient les convois chargés
d'or de retour d' Afrique. Jean II bénéficiait
alors d'importants renseignements : Bartolomeo Diaz venait de
passer (enfin !) le cap de Bonne-Espérance et les explorateurs
terrestres Covilha et de Paiva partis à travers le monde
arabe, avaient pu élaborer une carte de la côte
orientale de l'Afrique.
En 1495,
Jean II décida d'une nouvelle expédition qui devait
cette fois-ci atteindre l' Inde et en confia le commandement
à Vasco de Gama. Il avait alors 26 ou 27 ans. Cependant
le roi mourut peu après et le projet fut ajourné.
Deux ans plus tard, le nouveau roi Manuel 1er le rappela en
janvier 1497 et lui confia une flotte composée de trois
lourdes nefs, d'une caravelle et de 160 hommes, ainsi que des
lettres pour les souverains autochtones. Après une cérémonie
en grande pompe au mois de juin, l'expédition quitta
l'embouchure du Tage le 8 juillet.
Vasco de
Gama fit mettre les voiles vers le large et évita les
mauvais vent côtiers. Il doubla les îles du Cap
Vert le 3 août, puis continua vers le sud-ouest, le dos
à l'Afrique. Ce n'est qu'au 31e parallèle, presque
à la latitude du cap qu'il retourna vers l'est, poussé
par des vents favorables. Il fit escale le 8 novembre à
Sainte-Hélène pendant une semaine, puis franchit
le fameux cap le 22 avec les difficultés attendues.
Il passa
Noël dans un havre qu'il nomma ainsi Natal (actuellement
Durban), puis atteignit au début de février 1498
les côtes décrites par Covilha. Il s'agissait d'une
zone au commerce propice qui avait enrichi les royaumes frontaliers
grâce au commerce de l'or, de l'ivoire, mais aussi des
esclaves. Le commerce était essentiellement arbitré
par des marchands arabes mais intéressait aussi les rois
africains, les Indiens et les Chinois (qui avaient exploré
cette côte au début du XVe siècle). Les
deux grands ports étaient Mogadiscio (que Gama atteignit
en mars) et Kilwa où dominait l'Islam. Vasco de Gama
fit l'amère constatation de ne pas y trouver le Prêtre
Jean et dut au contraire endurer les mauvais traitements dus
à sa religion. Ce n'est que plus au nord, arrivé
à Mélinde qu'il sympathisa avec le Sultan local
qui lui confia un pilote italien. Le 24 avril, il quitta cette
Afrique inhospitalière et coupa au large vers la côte
de Malabar. Le 19 mai, il arrivait sur la côte du Dekkan
et mouilla à Calicut. Il avait atteint son but.
Dans Calicut,
Vasco de Gama fit la connaissance d'un marchand tunisien qui
parlait le Castillan et qui allait le conduire au zamorin qui
gouvernait l'endroit. Après avoir envoyé deux
émissaires annoncer son arrivée, le zamorin vint
à sa rencontre et le reçut avec les honneurs réservés
aux ambassadeurs des plus grands monarques. Lors de l'entrevue,
il fut surtout question de nouvelles relations commerciales.
Cependant l'enthousiasme du zamorin finit par inquiéter
les marchands arabes qui représentaient une proportion
importante de ses sujets et ceux-ci surent le convaincre que
Gama était venu pour pillage. Après quelques heures
d'arrestation, Gama fut autorisé à retourner à
ses navires, et moyennant une prise d'otage, il fit libérer
ceux de son équipage encore retenus. Il leva l'ancre
le 27 août 1498.
Le retour
ne fut pas très facile. Les vents ne furent pas favorables
et le moral assez bas. Certes le but était atteint, mais
le voyage ne constituait pas un exploit aux yeux de Gama : les
Européens avaient nettement sous-estimé l'organisation
et l'économie de la région et semblaient bien
être le dernier peuple arrivé à Calicut.
Après avoir embarqué un ambassadeur du sultan
de Mélinde, Gama fit route vers le Portugal qu'il atteignit
en septembre. Le voyage avait duré plus de deux ans.
A son arrivée, Manuel le reçut avec la plus grande
magnificence. De nombreuses fêtes furent célébrées
et le roi fit aussitôt armer une nouvelle escadre, beaucoup
plus importante, qu'il confia à Pedro Alvares Cabral
et dont le but était de prendre possession des terres
et du monopole commercial par la force. Celle-ci partit entre
mars 1500 et juillet 1501 et confirma la nécessité
d'user de la force pour s'implanter.
Vasco de
Gama repartit pour l'Inde en février 1502 avec cette
fois-ci une flotte de 23 bateaux, ce qui lui permit de soumettre
les royaumes de la côte orientale de l'Afrique. Désormais
il avançait en semant la terreur, brûlant notamment
un navire égyptien avec son équipage. Arrivé
en Inde, il effraya le zamorin qui pourtant concédait
l'établissement d'un comptoir, en canonnant la ville
et en organisant un blocus. Finalement il rentra à Lisbonne
en décembre 1503 en laissant une présence portugaise
sous le commandement de Vicente Sodré.
Là
se terminait provisoirement l'aventure indienne pour Gama. L'expédition
suivante fut confiée à Alphonse de Albuquerque
et à d'autres chefs de guerre qui allaient achever sans
lui la conquête du sud du Dekkan. Gama bien que couvert
de gloire fut ainsi laissé dans l'inaction pendant 21
ans. Ce n'est qu'après la mort du roi que son successeur
Jean III le rappela et le nomma vice-roi de l'Inde en 1524.
En fait, cela ne dura pas 4 mois car Gama mourut à Cochin
la même année. En 1538 son corps fut rapatrié
et après lui avoir rendu les plus grands honneurs, il
fut inhumé au couvent des Carmes de Vidigueyra, la ville
de sa première retraite.
Source :
www.publius-historicus.com/.../ww.publius-historicus.com/gama.htm
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