Né
dans une famille de marchand et de fonctionnaires, à
la suite du décès de son père (vers 1483),
il est adopté par son oncle maternel, l'évêque
de Cracovie Lukas Watzelrode (ou Lucas Watzenrode). Celui-ci
veille bien sur son neveu et s'assure qu'il fréquente
les meilleures écoles et universités ; en 1491
il devient étudiant à l'université de Cracovie
où il étudie les arts sans toutefois obtenir de
diplôme. Avant de quitter Torun, son oncle le nomme chanoine
de Frombork, on lui attribue surtout les responsabilités
financières mais aucune responsabilité religieuse.
Par la suite il se rend en Italie où il étudie
le droit canonique et la médecine à l'université
de Bologne, puis l'astronomie dans les cours de Domenico Maria
Novara : Novara est un des premiers scientifiques à remettre
en cause le système géocentrique de Ptolémée.
L'intérêt de Copernic pour la géographie
et l'astronomie est encouragé par son professeur. Les
deux hommes observent ensemble de nombreuses occultations, éclipses
de lune, ainsi que l'occultation de l'étoile Aldébaran
le 9 mars 1497 à Bologne.
Il devient
professeur de mathématiques et conférencier
sur l'astronomie à Rome en 1500 avant de retourner
l'année suivante à Frauenburg. Il retourne finalement
en Italie pour finir ses études à la faculté
de droit et de médecine de Padoue (l'université
où Galilée enseignera cent ans plus tard). Il
est inhabituel d'étudier un sujet dans une université
et d'être diplômé d'une autre, Copernic
décide donc de terminer ses études de médecine,
pour aller à Ferrare où il obtient son doctorat
en droit canon en 1503 puis il retourne en Pologne pour assumer
ses devoirs d'administrateur et de chanoine.
Après
ses études, il fait construire un observatoire à
Frauenburg, où il entame ses recherches en astronomie.
À son retour en Pologne Copernic vit dans un palais
chez son oncle Lidzbark Warminski. Il s'occupe principalement
des affaires du diocèse mais c'est aussi là
où il prend part au conflit contre les chevaliers teutoniques.
Copernic
possède une très bonne connaissance du latin,
comme tous les érudits de son temps, il publie donc
son premier livre, une traduction de lettres latines sur la
morale, l'auteur original était un byzantin du VIIe
siècle, Thophylacte de Simocatta. Il prend alors sept
ans de sa vie pour écrire De Hypothesibus Motuum Coelestium
a se Contitutis Commentariolus (connu sous le titre de Commentariolus),
qui est un court traité d'astronomie, qu'il termine
vers 1515.
Ce traité
ne sera toutefois pas publié avant le XIXe siècle.
C'est dans cet ouvrage, qu'il énonce ses principes
de l'astronomie héliocentrique, ce qui bouleversera
énormément la communauté scientifique
de son temps.
C'est
également vers le même temps que Copernic participe
au Ve concile du Latran sur la réforme du calendrier;
il écrit plus tard, vers 1517, un traité sur
la monnaie et ensuite son uvre principale De Revolutionibus
Orbium Coelestium, De la révolution des sphères
célestes, achevé vers 1530. Cette uvre
magistrale ne seras publiée, par un imprimeur luthérien
de Nuremberg, que le 24 mai 1543, peu de temps avant la mort
de Copernic.
Avant
Copernic, la façon de voir le cosmos reposait sur la
thèse aristotélicienne que la Terre est le centre
de l'univers et que tout tourne autour d'elle : « l'univers
géocentrique ». Selon cette thèse, la
Terre est au centre puis viennent, dans l'ordre: la Lune,
Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et
ensuite la sphère éloignée que l'on nomme
la sphère des fixes, car c'est là que l'on trouve
les étoiles qui, elles, sont considérées
immobiles.
On croyait
aussi à ce moment que la sphère des fixes oscillait
légèrement, ce qui expliquait la précession
des équinoxes. Cette cosmologie nous arrive de Claude
Ptolémée, un géographe du IIe siècle
de notre ère. Ptolémée a écrit
le traité fondamental l'almageste vers 141. Ce traité
deviendra la vérité établie du géocentrisme
jusqu'à la Renaissance. Le système de Copernic
repose sur l'observation que la Terre tourne sur elle-même
et fait un tour sur son axe en une journée, ce qui
explique dans un premier temps le mouvement diurne de la sphère
céleste en un jour. Il prétend également
que la Terre fait le tour du soleil (héliocentrisme)
en un an.
Il affirme
de plus que les autres planètes font la même
chose que la Terre et qu'elles tournent toutes autour du soleil.
Copernic avance également le fait que la terre oscille
sur son axe tout comme une toupie, ce qui explique la précession.
La théorie de Copernic s'attaque à celle de
Ptolémée : Copernic conserve toutefois certains
éléments de l'ancien système qu'il veut
pourtant déloger. Ainsi l'idée des sphères
solides, ou la sphère des fixes, est conservée
par Copernic.
Le nouveau
système proposé par Copernic a certains avantages
sur celui de son prédécesseur. Il explique,
entre autres, le mouvement journalier du soleil et des étoiles
par la rotation terrestre. Le mouvement du soleil au cours
de l'année est aussi expliqué par le nouveau
système. Il a également l'avantage d'expliquer
le mouvement rétrograde des planètes externes,
(Mars, Jupiter, Saturne). Sa théorie prend également
en compte les planètes internes, Vénus et Mercure,
qui sont situées plus près du Soleil que la
Terre.
Copernic
avance aussi une théorie sur l'ordre des planètes,
leurs distances et, par conséquent, la période
de leur révolution. En effet, Copernic contredit Ptolémée
en affirmant que plus l'orbite d'une planète est grande,
plus il lui faudra de temps pour faire une révolution
complète autour du Soleil. Cette théorie sera
plus tard approfondie par Isaac Newton.
Le XVIe
siècle et ses très grandes tendances géocentriques
(confortées par les écritures saintes) acceptent
mal que la Terre soit mobile. Les chercheurs et scientifiques
du XVIe siècle acceptent certains éléments
de la théorie, en revanche la base de l'héliocentrisme
est rejetée. Seulement une dizaine de chercheurs de
son époque lui accorde un appui. Mais ces chercheurs
travaillent souvent à l'extérieur des universités
(subventionnées), dans des cours royales ou impériales,
ou encore même tout près de l'Église.
Les plus célèbres sont Galilée et l'astronome
allemand Johannes Kepler.
Toutefois
en 1588, bien après la mort de Copernic, on arrive
à un certain compromis. L'astronome danois Tycho Brahé
soutient une théorie qui garde la terre immobile mais
qui prévoit que toutes les autres planètes tournent
autour du Soleil pendant que celui-ci tourne autour de la
Terre. Le système de Copernic sera condamné
en 1616, et Galilée qui reste un fervent de la théorie
copernicienne sera condamné par un tribunal ecclésiastique
en 1633. L'acceptation de la nouvelle théorie est lente.
Près
de cent ans après la parution de la Révolution
des sphères célestes, réticences et hésitations
existent toujours. Si certains philosophes jésuites
sont profondément convaincus, certains sont même
disciples de Copernic, d'autres acceptent plutôt le
système de Tycho Brahé. Il faut attendre la
fin du XVIIe siècle pour voir se réconcilier
la plupart des savants de l'Europe, grâce à mise
en place de la mécanique céleste d'Isaac Newton.
Outre la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et le Danemark,
le reste de l'Europe gardent leur position anti-copernicienne
pendant encore un siècle.
Copernic
a retardé de plusieurs années la parution de
l'uvre de sa vie. Ses croyances et la peur des foudres
du Vatican et de Wittenberg en sont les principales raisons.
Il n'oublie pas une dédicace au pape Paul III dans
son uvre rédigée en latin où il
revendique le droit à la liberté d'expression.
Copernic aura su libérer ses contemporains scientifiques
et chercheurs de leur préjugés théologiques,
il amène aussi les théologiens à prendre
une certaine distance vis à vis l'interprétation
trop stricte des textes sacrés.
À
partir de Copernic la science et la religion vont prendre
des routes différentes. L'astéroïde 1322
Coppernicus a été nommé en son honneur
(Coppernicus est une des épellations allemandes).
Source
: fr.wikipedia.org