Mais les
capacités pédagogiques et musicales du père
sont limitées. Bientôt Ludwig apprendra la musique,
notamment l'orgue et la composition, auprès de musiciens
renommés, tels que Christian Gottlob Neefe. Ce dernier
prendra totalement conscience des capacités extraordinaires
de Beethoven. Il lui fera également connaître,
au delà de la musique, les philosophes anciens et modernes.
C'est en
1782, à douze ans, que Beethoven publie sa première
uvre : 9 variations, en do mineur, pour piano sur une
marche de Ernst Christoph Dressler (WoO 63). Et c'est l'année
suivante, en 1783, que Neefe écrit dans le "Magazine
de la musique", au sujet de son élève : "S'il
continue ainsi, il sera sans aucun doute un nouveau Mozart".
En juin
1784, sur les recommandations de Neefe, Ludwig est nommé
organiste à la cour de Maximilian Franz, prince électeur
de Cologne. Il a alors 14 ans. Cette place lui permet de fréquenter
un autre milieu que celui de sa famille et des amis de son père.
Il rencontre alors des amis qu'il gardera toute sa vie : la
famille Ries, la famille von Breuning et la charmante Eleonore,
Karl Amenda, le violoniste, Franz Gerhard Wegeler, ami médecin
qui ira également à Vienne, etc.
A la maison,
peu à peu, Ludwig remplace son père. Financièrement
tout d'abord, car Johann, souvent prit de boisson, est de moins
en moins capable d'assumer sa place au foyer et sa fonction
à la Cour. Le jeune Beethoven se sentira responsable
de ses deux frères, et il assumera cette responsabilité
toute sa vie, parfois même jusqu'à l'outrance.
Conscient
lui aussi du don de Beethoven, c'est à ses frais que
le Prince Maximilian Franz l'envoie à Vienne, en 1787,
pour rencontrer Mozart et parfaire son éducation musicale.
Vienne est alors la ville phare de la culture musicale. De la
rencontre entre Mozart et de Beethoven, il n'existe que des
textes à la véracité incertaine. Mozart
aurait dit "N'oubliez pas ce nom, vous en entendrez parler
!".
Mais une
lettre rappelle Beethoven à Bonn : sa mère est
mourante. La seule personne de sa famille avec laquelle il avait
créé des liens affectueux forts et respectifs
s'éteint le 17 juillet 1787.
Cinq ans
plus tard, en 1792, Beethoven repart à Vienne, bénéficiant
d'une rente assurée par le Prince Electeur pendant deux
ans, toujours pour poursuivre son érudition musicale.
Il ne reverra jamais plus sa ville natale. Son ami Waldstein
lui écrit ces mots : "... Recevez des mains de Haydn
l'esprit de Mozart"...
A Vienne,
le jeune musicien prend des leçons avec Haydn, puis avec
Albrechtsberger et Salieri. Il étonne et séduit
Vienne par sa virtuosité et ses improvisations au piano.
En 1794, Beethoven compose son opus 1, trois trios pour Piano.
L'année suivante, Beethoven organise sa première
représentation publique à Vienne (une "Académie")
au cours de laquelle il y joue ses propres uvres. Puis
suivra une tournée : Prague, Dresden, Leipzig et Berlin
avant de partir pour un concert à Budapest.
Les rencontres
que fait Beethoven à Vienne sont nombreuses. Tout le
monde de la musique et de l'aristocratie admire le jeune compositeur.
Ces mélomanes seront les plus grands soutiens de Beethoven.
Il se fâchera régulièrement avec les uns
et les autres, puis fera très souvent amende honorable.
Son talent excusera son comportement excessif et impulsif.
En 1800,
Beethoven organise un nouveau concert à Vienne comprenant,
notamment, l'exécution de sa première symphonie.
Bien qu'aujourd'hui nous la considérons classique dans
sa conception et proche des symphonies de Mozart et de Haydn,
certains auditeurs trouvèrent cette composition étrange,
osée, outrée. Le génie de Beethoven, qui
n'est pas encore pleinement exposé à cette époque,
pointe déjà, repoussant les usages musicaux établis.
C'est en
1801 que Beethoven avoue à ses amis de Bonn sa crainte
de devenir sourd. A Heiligenstadt, en 1802, il rédige
un texte célèbre dans lequel il explique sa révolte
face au drame qu'il vit : lui, un musicien, devenir sourd, voilà
une fatalité à laquelle il ne souhaite pas survivre.
Mais la musique le rappelle. Et il écrit qu'il sait avoir
beaucoup d'autres domaines musicaux à explorer, à
découvrir, et à léguer. Beethoven ne se
suicidera pas, fera connaître peu à peu son handicap
grandissant, et il se jettera dans la composition d'uvres
grandioses : d'exceptionnelles sonates pour pianos (notamment
la Tempête et la Chasse, opus 31), la deuxième
et la troisième symphonie - L'Eroïca - et bien d'autres
encore.
lire sur ce site :
la surdité de Beethoven
Cette troisième
symphonie, Beethoven l'écrit en hommage d'un grand homme,
Bonaparte. Celui-ci est alors vécu comme le libérateur
des peuples, issu de la Révolution Française,
porteuse d'espoir. Lorsque le Premier Consul se déclarera
Empereur, Beethoven effacera rageusement le nom de Bonaparte
de la dédicace de cette symphonie.
Le 7 avril
1805 sera la première interprétation publique
de la symphonie Héroïque.
Par ailleurs,
Beethoven a enfin terminé son opéra, Leonore,
le seul qu'il écrira. Il le corrigera et écrira
4 ouvertures différentes. Le nom de l'opéra deviendra
alors Fidelio, contre la volonté du compositeur. Le 20
novembre 1805 se déroulera la première
devant
un public clairsemé d'officiers Français. Car
Napoléon, à la tête de son armée,
a pris Vienne une première fois. Cela se reproduira en
1809.
Les années
suivantes, l'activité créatrice du compositeur
est intense. Il compose plusieurs symphonies, dont la Pastorale,
l'ouverture de Coriolan, la fameuse Lettre pour Elise. Il prend
quelques élèves, qu'il trouvera jeunes et belles
et dont il tombera parfois amoureux. L'Archiduc Rudolphe, frère
de l'empereur, devient également son élève,
son ami, et bientôt l'un de ses protecteurs.
En 1809,
Beethoven songe à quitter Vienne sur l'invitation de
Jérome Bonaparte. Son amie de toujours, la Comtesse Anna
Marie Erdödy, le retient avec l'aide de ses plus fortunés
admirateurs : l'archiduc Rodolphe, le prince Lobkowitz et le
prince Kinsky. Ces derniers s'engagent à verser à
Beethoven une rente annuelle de 4 000 florins, lui permettant
de vivre sans contrainte financière. L'unique condition
est que le compositeur devra ne pas quitter Vienne. Beethoven
accepte. Cette rente fera de lui le premier compositeur indépendant.
Avant ce contrat, que ce soit Bach, Mozart ou Haydn, les musiciens
et les compositeurs étaient des serviteurs au sein d'une
maison d'un riche aristocrate. Un domestique sans plus de droit
que les autres, mais avec des devoirs de compositions et de
représentations. Une aire nouvelle voit ainsi le jour
pour la musique : le compositeur est libre d'écrire quand
il veut, ce qu'il veut, sur commande ou non.
En 1812,
Beethoven prend les eaux à Teplitz, et rédige
une lettre ardente à "L'immortelle bien-aimée".
Cette lettre, qu'on retrouva dans un tiroir secret avec la testament
d'Heiligenstadt, n'a pas fini de susciter les recherches et
les suppositions des biographes du musicien. Nombreuses de ses
élèves et de ses amies ont, tour à tour,
été proposée destinataire de cette lettre.
A moins qu'un nouveau document ne soit découvert, comme
cela est encore parfois le cas dans les salles de vente ou une
collection privée, il est fort probable que le secret
amour de Beethoven soit préservé.
Fin juillet
1812, Beethoven rencontre Goethe, à l'initiative de Bettina
Brentano. Les deux grands hommes s'admirent mais ne se comprennent
pas. Le compositeur trouve le poète - conseiller trop
servile, et ce dernier estime que Beethoven est " tout
à fait indompté ". Beethoven admire Goethe,
et mettra en musique plusieurs de ses poèmes. Il gardera
toujours un regret de ne pas s'être mieux entendu avec
Goethe.
Mais l'un
de ses protecteurs, le prince Lobkowitz, éprouve des
difficultés financières, et le Prince Kinski meurt
d'un chute de cheval et les descendants tentent de se défaire
de l'obligation financière envers Beethoven. Ce sera
le début de plusieurs procès que le compositeur
entreprendra pour sauvegarder son indépendance financière.
D'autres suivront pour des motifs différents.
Le tchèque
Johann Nepomuk Maelzel prend alors contact avec Beethoven. Inventeur
génial, probable inventeur du métronome, Maelzel
avait déjà rencontré Beethoven et créé
divers outils pour soutenir Beethoven et l'aider dans son audition
défaillante : cornets acoustiques, système d'écoute
raccordés au piano, etc. En 1813, Beethoven compose 'La
victoire de Wellington', uvre réalisée pour
un instrument mécanique de Maelzel, le "Panharmonica"
(ou "Panharmonicon"). Mais c'est surtout le métronome
qui fera évoluer la musique, et Beethoven, qui en a tout
de suite saisi l'intérêt, annotera scrupuleusement
nombre de ses partitions afin que ses uvres soient interprétées
comme il le souhaite.
L'Académie
de 1814 regroupera cette oeuvre ainsi que la septième
et la huitième symphonies. Ce sera également la
réécriture de Leonore en Fidelio, seul opéra
de Beethoven, qui remportera enfin le succès auprès
du public.
Puis, le
Congrès de Vienne, qui regroupe tout ce que le monde
compte de têtes couronnées afin de débattre
de l'avenir de l'Europe après Napoléon, sera un
moment de gloire et de reconnaissance pour Beethoven. Il sera
invité à jouer à plusieurs reprises et
en éprouvera une légitime fierté.
Le 15 novembre
1815, Kaspar Karl, le frère de Beethoven, décède.
Il laisse une femme que le compositeur surnommera "La reine
de la nuit" en raison des murs de la veuve, ainsi
qu'un fils, Karl, qui a 9 ans. La vie de Beethoven va alors
changer, car son frère avait inscrit sur son testament
qu'il souhaitait que la tutelle de son fils soit exercée
conjointement par sa femme et par Ludwig, son frère.
Ce dernier prendra son rôle très au sérieux,
mais le célibataire de 45 ans qui n'entend plus aura
bien du mal à cohabiter et à comprendre l'enfant
puis le jeune homme. Cette cohabitation sera source de nouveaux
procès avec la mère de l'enfant, de conflits de
générations et de nombreux tracas.
En 1816,
Carl Czerny (futur maître de Franz Liszt), élève
de Beethoven deviendra le professeur de musique de Karl, mais
sans rencontrer le succès espéré par le
grand compositeur. A cette époque, il termine le cycle
de lieders "A la bien-aimée lointaine" et ébauche
un premier thème pour la neuvième symphonie.
Deux ans
plus tard, l'archiduc Rodolphe accède au cardinalat et
Beethoven commence la composition de la Messe en ré.
Elle ne sera pas prête pour l'intronisation, mais l'uvre
sera d'une incomparable richesse.
Gioachino
Rossini fait un triomphe à Vienne à 1822 et il
rencontrera Beethoven. La barrière du langage et la surdité
de Beethoven ne permettront qu'un échange bref. Le compositeur
viennois n'appréciait que modérément l'opéra
italien, qu'il considérait comme peu sérieux.
La neuvième
symphonie sera pratiquement achevée en 1823, la même
année que la Missa solemnis. Liszt, qui a alors 11 ans,
rencontrera Beethoven, qui assistera peut-être à
son concert du 13 avril. Il félicitera chaleureusement
le jeune virtuose qui, des années plus tard, transcrira
l'intégralité des symphonies de Beethoven pour
le piano.
écouter sur ce site :
les transcriptions de Liszt
Le 7 mai
1824 sera la date de la première interprétation
de la neuvième symphonie et malgré les difficultés
musicales, mais également celles des parties chantées,
ce sera un succès. Malheureusement sans retombées
financières. Les ennuis financiers n'ont de cesse de
miner le compositeur. Il a bien de l'argent de côté,
mais il le garde pour son neveu.
Ce sera
ensuite l'époque des derniers quatuors, si difficiles
encore pour le public d'aujourd'hui qui sait pourtant apprécier
les autres oeuvres. La dixième symphonie est mise en
chantier.
Fin 1826,
Beethoven prendra froid en rentrant de chez son frère,
avec lequel il s'est encore disputé. La maladie compliquera
les autres maux dont Beethoven a souffert tout au long de sa
vie. Il s'éteindra entouré de ses plus chers amis,
le 26 mars 1827, alors qu'un orage se déchaîne.
La cérémonie
funèbre se déroula à l'église de
la Sainte Trinité. On estime que entre 10 000 à
30 000 personnes se sont réunies pour accompagner Ludwig
van Beethoven vers sa dernière demeure. Franz Schubert,
timide et admiratif du grand compositeur sans l'approcher, sera
l'un des porteurs de flambeau avec de nombreux autres musiciens.
Schubert décédera l'année suivante et sera
enterré aux côtés de Beethoven.
Heinrich
Anschütz, acteur, lit l'oraison funèbre de Beethoven,
écrite par Franz Grillparzer, grand homme de lettres,
devant les portes du cimetière de Währing (aujourd'hui,
Schubert Park).
Source :
www.lvbeethoven.com/.../vbeethoven.com/Bio/Biographie.html
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