Il resta
à Milan jusqu'en 1499 ; il y régnait un climat
favorable où tous ses dons pouvaient s'épanouir.
C'est de cette époque que date la célèbre
« Vierge aux rochers », conservée au musée
du Louvre, qui était une commande de la confrérie
de l'Immaculée Conception à San Francesco Grande.
Il se consacra, de manière parallèle, à
une somme impressionnante d'activités diverses : divers
projets architecturaux pour la cathédrale de Milan et
celle de Pavie, décors de théâtre à
scène tournante, conception de costumes pour des fêtes
et des tournois, études d'urbanisme, d'hydraulique pour
les canaux de Milan, observations géologiques... Il assistait
de manière régulière à des réunions
de mathématiciens, et, dans le même temps, mettait
en place les prémices d'un « Traité de la
peinture ».
Léonard
devint peu à peu célèbre dans tout l'occident,
et, en 1500, il se rendit à Mantoue à la demande
d'Isabelle d'Este pour lui faire son portrait. Elle tenta en
vain d'obtenir de lui d'autres oeuvres. A partir de 1506, il
partagea son temps entre Milan où il fut au service des
Français (plus spécialement de Charles d'Amboise),
et Florence. C'est à Florence qu'il peignit « Mona
Lisa » et la grande composition de « La Bataille
d'Anghiari », jamais achevée. Léonard quitta
définitivement Milan en 1513 lorsque la cité fut
reprise par la coalition antifrançaise. Il fit ensuite
un bref séjour à Rome au service de Giuliano de
Medicis, frère de Léon X, mais il y supporta mal
la concurrence de Raphaël et Michel-Ange, et accepta en
1516 l'invitation de François 1er, vainqueur à
Marignan et arbitre de l'Italie. Il résida ensuite définitivement
en France, à Amboise (au Clos Lucé précisément),
où il fut nommé « premier peintre, ingénieur
et architecte du roi ». A sa mort, en 1519, il légua
l'ensemble de ses notes techniques à Francesco Melzi,
son élève et compagnon fidèle, afin qu'elles
fussent publiées et rendues utiles au plus grand nombre.
Hélas, ceci ne fut réalisé que quatre siècles
plus tard, et l'héritage intellectuel de Léonard
est ainsi resté dans l'ombre pendant longtemps.
Le nombre
d'oeuvres (fresques ou toiles) attribuées à Léonard
de Vinci ne sont finalement pas si nombreuses, et parmi celles
dont l'origine est formellement reconnue (une quinzaine au total),
certaines ont vu leurs couleurs abîmées par le
temps, et d'autres encore sont inachevées. Ses principales
oeuvres sont « la Cène », fresque d'un couvent
de Milan, et quelques tableaux comme « La Vierge aux rochers
», « La Vierge, Saint Anne et l'enfant Jésus
», le fameux portrait connu sous le nom de la «
Joconde ». Dans toutes ces compositions, la figure humaine
constitue le motif central.
Léonard
De Vinci éleva au plus haut deux techniques picturales,
qui, aux alentours de 1500, ont radicalement changé l'art
de peindre. La première d'entre elles est le souci constant
et de la composition géométrique à la fois
gracieuse et scrupuleusement étudiée. La structure
pyramidale, apparue avec « La Vierge aux Rocher »,
en est un exemple marquant. La deuxième technique dont
Léonard de Vinci fut le maître est l'art dit du
« clair-obscur » (ou « sfumato ») qui
permet, par le jeu subtil des ombres et des lumières,
baigner le sujet dans une atmosphère à la fois
harmonieuse et mystérieuse.
L'oeuvre
artistique de Léonard de Vinci s'enrichit également
d'une somme impressionnante de dessins, croquis, esquisses,
qui, bien davantage que les peintures, sont la vitrine des recherches
inépuisables que leur auteur multipliait. On trouve ainsi
des représentations très soignées d'instruments
et de mécanismes, des croquis de scènes fantastiques,
la célèbre « série des cataclysmes
», des visages, des figures, exprimant tantôt la
suavité, tantôt la tourmente, l'élégance
ou l'horreur. Cette extraordinaire maîtrise de l'outil
graphique explique comment Léonard de Vinci a pu s'aventurer
si avant dans l'exploration de bien d'autres domaines ou techniques
que la peinture. L'analyse scientifique du réel, la réflexion
avant l'expérimentation sont les principes de base de
la démarche de Vinci, qu'il manifesta aussi bien dans
les arts que dans les sciences.
Plus qu'en
tant que scientifique proprement dit, Léonard de Vinci
a impressionné ses contemporains et les générations
suivantes par son approche méthodique du savoir, du savoir
apprendre, du savoir observer, du savoir analyser. La démarche
qu'il déploya dans l'ensemble des activités qu'il
abordait, aussi bien en art qu'en technique (les deux ne se
distinguant d'ailleurs pas dans son esprit), procédait
d'une accumulation préalable d'observations détaillées,
de savoirs disséminés ça et là,
qui tendait vers un surpassement de ce qui existait déjà,
avec la perfection pour objectif. Bon nombre des croquis, notes
et traités de Léonard de Vinci ne sont pas à
proprement parler des trouvailles originales, mais sont le résultat
de recherches effectuées dans un souci encyclopédique,
avant l'heure.
Après
la révélation des écrits de Léonard
en 1882, il devint habituel de l'ériger en précurseur
en bien des domaines. En physique et en astronomie, il traça
les voies sur lesquelles s'engageront Copernic, Kepler, et Galilée
pour l'étude de la gravitation, du scintillement des
étoiles, et du mouvement. Il pressentit les lois de la
mécanique des fluides ainsi que, en chimie, celles de
la combustion et de la respiration. Au total, un grand nombre
des découvertes de la science moderne sont anticipées
dans les notes de Léonard, sous une forme balbutiante.
Quant aux mathématiques, cette discipline revêtait
un caractère particulier chez Léonard puisqu'elle
était le ferment de toutes les autres.
Le recours
insistant aux procédés mathématiques était
une garantie de rationalité et l'unique moyen de s'assurer
des principes stables dans les deux domaines de prédilection
où Léonard entendit se « réaliser
», la peinture et la mécanique. En mécanique,
précisément, Léonard s'illustra en inventant
un certain nombre de machines dont le principe est toujours
en usage (notamment dans l'industrie textile). Des profusions
de moulins, pompes, scies, marteaux mécaniques, appareils
de transmission, horloges, sont analysées et remontées
avec le détail de leurs organes dans d'admirables dessins.
Source :
www.publius-historicus.com/.../publius-historicus.com/leonard.htm
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