Il est incorporé
non sans difficulté dans l'armée des États-Unis
avec le grade de major général. Son rôle
militaire est interrompu par une période de 6 mois où
George Washington le missionne pour convaincre le roi de France
d'envoyer un véritable corps expéditionnaire.
Le 7 juin
1777, il envoie une lettre à sa femme qui déclare
: " Défenseur de cette liberté que j'idolâtre,
libre moi-même plus que personne, en venant comme ami
offrir mes services à cette république (des États-Unis)
si intéressante, je n'y porte nul intérêt
personnel. Le bonheur de l'Amérique est intimement lié
au bonheur de toute l'humanité ; elle va devenir le respectable
et sûr asile de la vertu, de l'honnêteté,
de la tolérance, de l'égalité et d'une
tranquille liberté."
Accueilli
chaleureusement, il reçoit le titre de colonel de cavalerie.
De retour aux États-Unis en 1780 à bord de l'Hermione,
il reçoit sur demande de Washington, avec lequel il entretiendra
une amitié durable, le commandement des troupes de Virginie.
Il participe en 1780 à la bataille décisive de
Yorktown, qui conduit à la capitulation de Cornwallis.
Il rentre au pays en 1782, où il est promu maréchal
de camp.
Porte-parole
de l'aristocratie libérale, député de la
noblesse d'Auvergne aux États généraux,
membre de la société des Amis des Noirs et franc-maçon,
il rêve d'apparaître, lui, le « héros
de la liberté des deux mondes », comme un Washington
français. D'abord favorable à la Révolution,
il présente un projet de Déclaration des Droits
de l'Homme à l'Assemblée constituante. Il est
nommé commandant de la Garde nationale en juillet 1789.
Son rôle à ce poste pendant la Révolution
reste énigmatique. Lors de la Journée du 5 octobre
1789, où les Parisiens montent à Versailles pour
demander du pain à Louis XVI, la Garde nationale est
en retard, laissant dans un premier temps le roi face au peuple.
Chargé
de la sécurité du château, il se montrera
incapable d'empêcher son invasion meurtrière. De
même, le 20 juin 1792, lors d'une autre Journée
révolutionaire, au Louvre, la Garde nationale, toujours
dirigée par La Fayette, est absente, laissant le peuple
aborder le roi en tête à tête (c'est lors
de cette journée que Louis XVI a bu une bouteille de
rouge proposée par un manifestant, et a marché
dans une bouse de vache pour montrer qu'il était «
comme le peuple », ce qui l'a probablement sauvé
ce jour-là). Marie-Antoinette, qui ne pouvait plus le
souffrir, dira de lui : "Je sais bien que M. de La Fayette
nous protège. Mais qui nous protègera de M. de
La Fayette ?"
En décembre
1791, trois armées sont constituées sur le front
est pour repousser les Autrichiens. La Fayette prend le commandement
de l'une d'entre elles. Mais voyant que la vie du couple royal
était, chaque jour, de plus en plus menacée, il
s'oppose au parti Jacobin, avec l'intention d'utiliser son armée
pour rétablir une monarchie constitutionnelle. Le 19
août 1792, il est déclaré traître
à la nation. Obligé de se réfugier à
Liège, il sera capturé par les Prussiens puis
les Autrichiens, en dépit des interventions de sa femme
et des États-Unis. Sa libération sera obtenue
par Napoléon au traité de Campo-Formio en 1797.
Le Directoire lui interdit cependant de rentrer en France. Il
finit par rentrer en 1799 ; en 1802 il s'oppose au titre de
consul à vie de Napoléon ; en 1804, il vote contre
le titre d'Empereur.
Durant le
premier Empire, il vit retiré des affaires publiques,
mais se rallie aux Bourbons en 1814. Avec Fouché, il
participe à la déchéance de l'Empereur.
La fin du Premier Empire l'incite à revenir sur le devant
de la scène politique ; élu député
de Seine-et-Marne lors des cents jours, il demande l'abdication
de Napoléon 1er. Député de la Sarthe en
octobre 1818, puis à nouveau de Seine et Marne en septembre
1819, il s'oppose résolument à la Restauration
et adhère à la Charbonnerie en 1821. Réélu
député en novembre 1822, à Meaux, il est
battu aux élections de 1823.
Il retourne
en Amérique pour une tournée triomphale dans 182
villes de juillet 1824 à septembre 1825. Il reçoit
du peuple américain 200 000 dollars et 12 000 ha en Floride.
Rentré en France, il est réélu député
de Meaux en juin 1827 et en juillet 1830.
Lors de
la révolution dite des Trois Glorieuses, en 1830, retrouvant
sa popularité de l'année 1789, il a ses propres
partisans qui le poussent à jouer un rôle de premier
plan. Mais, peut-être du fait de ses 73 ans, il se rallie
lui-même à la cause orléaniste et soutient
Louis-Philippe, à qui il donne la cocarde tricolore.
Lafayette retrouve le commandement de la Garde nationale pour
quelques mois. La Fayette meurt à Paris le 20 mai 1834.
Il est enterré au cimetière de Picpus, à
Paris.
Le rôle
du marquis de La Fayette dans l'histoire de l'indépendance
américaine est consacré de longue date à
Washington par un square à son nom, avec au centre sa
statue équestre, devant la Maison Blanche. Cependant,
le 8 août 2002, il a été élevé
à titre posthume citoyen d'honneur des États-Unis
d'Amérique, un privilège rare n'ayant été
accordé auparavant qu'à quatre reprises dans l'histoire
américaine.
Source :
fr.wikipedia.org