Eiffel a
construit de par le monde des centaines d'ouvrages métalliques
en tout genre. Si les ponts - et particulièrement les
ponts de chemin de fer - ont été son domaine de
prédilection, il s'est aussi illustré dans le
domaine des charpentes et des installations industrielles. Il
a jalonné sa carrière d'une belle série
de réalisations, dont se détachent les deux viaducs
quasi-jumeaux de Porto et de Garabit dans le Cantal, ainsi que
des oeuvres où l'inventivité de l'entreprise a
pu davantage se donner libre cours : des ponts "portatifs",
vendus en "kit" dans le monde entier, la structure
de la statue de la Liberté à New-York, et bien
sûr la Tour Eiffel.
C'est le
contrat le plus important mais aussi le plus risqué de
toute sa carrière d'entrepreneur. Face aux risques encourus,
il obtient d'énormes avantages financiers et de solides
garanties, qui l'assurent d'encaisser son bénéfice
dès le commencement des travaux. Malgré la diligence
d'Eiffel, la mise en liquidation de la Compagnie du canal le
4 février 1889 aboutit à son inculpation pour
escroquerie, aux côtés de Lesseps père et
fils, puis à sa condamnation à deux ans de prison
et à 2000 francs d'amende, alors que rien ne peut réellement
lui être reproché. Profondément atteint
dans son honneur et dans sa dignité, il se retire du
monde des affaires. Le jugement sera cassé par la Cour
de Cassation en invoquant la prescription des faits reprochés,
ce qui mettra fin à toute poursuite. Après sa
retraite consécutive au scandale de Panama, Eiffel consacre
les trente dernières années de sa vie à
une féconde carrière de savant.
Il s'emploie
d'abord à trouver une utilité à la Tour,
qui n'avait été construite que pour une durée
de vingt ans : expériences sur la résistance de
l'air, station d'observation de météorologie et
surtout antenne géante pour la radio naissante. Parallèlement
à la collecte de données météorologiques
dans les stations installées dans ses diverses propriétés,
il poursuit ses études sur l'aérodynamisme en
construisant une soufflerie au pied même de la Tour, puis
une plus importante en 1909 rue Boileau à Paris, toujours
en activité. Il meurt le 27 décembre 1923 à
l'âge de 91 ans.
Source :
www.tour-eiffel.fr