Dickens
ne pardonna jamais à sa mère d'avoir essayé
de le faire rester à la fabrique, et plus tard, la prit
comme modèle pour la mère stupide et vaniteuse
de son roman, Nicolas Nickleby. Charles fut ensuite envoyé
trois ans dans une école publique avant de trouver un
autre emploi, cette fois
comme employé dans une étude d'avocats. Ce travail
était ennuyeux, aussi Dickens se fit rapporteur à
la Chambre des communes comme sténographe. A l'âge
de 23 ans, il était devenu un journaliste connu et fut
engagé par un quotidien, le Morning Herald. C'est un
peu avant d'obtenir ce nouveau poste que Dickens commença
à écrire de la fiction. En 1833, il envoya un
article romancé sur la vie de Londres au Monthly Magazine
qui le publia et en demanda d'autres. Dickens s'empressa de
les satisfaire et ces nouvelles, ainsi que celles qui parurent
dans deux quotidiens, furent publiées sous le pseudonyme
de " Boz ". Le jour de son vingt-quatrième
anniversaire (1836), tous ses récits furent réunis
dans un volume intitulé Esquisses de Boz.
Le livre
fut un succès immédiat et amena un éditeur
à lui proposer un contrat pour la rédaction d'un
livre comique. C'est ainsi qu'apparu sous forme de feuilletons
sur 20 mois, les Aventures de M. Pickwick. Ce livre est un récit
satirique des aventures de M. Pickwick, un personnage naïf,
mythomane et mégalomane, de son domestique Sam Weller
et du club d'excentriques qui les entourent. Le succès
ne quitta plus Dickens, qui publia régulièrement
de nouveaux romans en Angleterre. Le public américain
aimait notamment ses romans, pour exemple, une foule se massait
au port pour attendre le bateau qui amenait la dernière
parution.
Après
les humoristiques Aventures de M. Pickwick, Dickens persista
dans la voie romanesque avec Oliver Twist en 1838 et Nicolas
Nickleby en 1839. Ces sortes de contes, bâtis autour d'un
personnage central souvent autobiographique, mettent déjà
au jour certains aspects de l'exploitation des plus faibles,
et tout particulièrement des enfants. Avec le Magasin
d'antiquités en 1840, c'est encore le destin tragique
d'une fillette qui permet à l'auteur de dénoncer
avec compassion le caractère définitivement inhumain
du monde industriel.
Dickens
parvient aussi à approfondir son analyse sociale et psychologique.
Parmi ces oeuvres, Dombey et fils publié en 1848 est
un portrait acide de cette bourgeoisie dont la fortune s'est
bâtie sur l'industrie. Mais il faut surtout retenir son
oeuvre majeure, David Copperfield publié en 1849. Ce
récit autobiographique qui montre le Londres laborieux
et misérable vu par les yeux d'un enfant, reste le plus
célèbre et le plus lu des romans de Dickens.
Son humour
et sa gentillesse lui valaient une grande popularité.
Homme sincère, d'une grande humanité, il profita
de son immense célébrité, sans jamais devenir
prétentieux.
Dickens était également directeur d'une compagnie
théâtrale qui joua devant la reine Victoria en
1851. Cependant, tous ses succès ne purent jamais compenser
le traumatisme initial de son enfance, ni ses problèmes
privés. Sa passion pour une jeune actrice, Ellen Ternan,
le conduisit à quitter son épouse et leurs dix
enfants en 1858.
Il faisait
régulièrement des conférences où
il lisait avec passion et énergie ses oeuvres, ce qui
affaiblira son état de santé. Epuisé, il
se retire à la campagne en 1870 pour ce qui devait être
son dernier roman le Mystère d'Edwin Drood. Mais surmené,
il mourut le 9 juin d'une apoplexie laissant le mystère
irrésolu. La mort de Dickens attrista le monde entier
qui aimait et admirait son génie de romancier. Le poète
américain Henry Longfellow écrivit : « Je
n'ai jamais vu mort d'écrivain causer une telle affliction...
Le pays tout entier est en deuil. »
Aujourd'hui, les livres de Dickens font partis de ceux les plus
traduits au monde (en 68 langues) et passionnent encore des
millions de lecteurs.
Source :
www.france-jeunes.net/.../charles-dickens-1812-1870-9818.htm
Autres personnalités
et célébrités britanniques