En 1880,
il choisit l'artillerie et entre à l'école d'application
de Fontainebleau. Il en sort en 1882, 32ème sur 97. Affecté
à la 1ère division de cavalerie du 31ème
régiment, il est promu Lieutenant en 1885. En 1889, adjoint
au Directeur de l'Ecole de Pyrotechnie de Bourges, il est promu
Capitaine.
Le 18 avril
1890, il épouse Lucie Hadamard, petite fille de polytechnicien.
Elle descend d'une famille cultivée et très aisée
de Metz, au patriotisme et à la réputation irréprochables.
Le 21 avril, le capitaine Dreyfus reçoit confirmation
de son admission à l'Ecole Supérieure de guerre.
Sorti avec
le numéro 9 et mention Très Bien en 1892, il est
désigné pour servir comme stagiaire à l'Etat-major
de l'armée. Le 5 avril 1891 naît son fils Pierre
; le 22 février 1893, naît sa fille Jeanne. Le
13 décembre 1893, meurt son père, Raphaël,
architecte de la réussite familiale. En 1892, Dreyfus
est nommé à l'Etat-Major de l'Armée, où
il est le seul juif. Le 13 octobre 1894, un message apporte
à son domicile une convocation ordonnant à Alfred
Dreyfus de se rendre en tenue bourgeoise, à une inspection
le 15 octobre.
Le 15 octobre
1894, il est arrêté par un officier du 3e bureau,
le commandant du Paty de Clam. On l'accuse d'être l'auteur
d'un document dérobé à l'ambassade d'Allemagne
(désigné sous le nom de "bordereau"),
annonçant la livraison de documents concernant la défense
nationale.
Son procès
s'ouvre le 19 décembre 1894, devant le Conseil de guerre
de Paris. Il est condamné, le 22 décembre, à
la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée.
Il est dégradé au cours d'une cérémonie
publique qui a lieu dans la grande cour de l'Ecole militaire,
le 5 janvier 1895. Le 21 février, il est embarqué
pour l'Ile du Diable.
La famille
Dreyfus, aidée par le journaliste Bernard Lazare, mène
campagne pour la révision du procès. La publication
par Zola dans l'Aurore, en janvier 1898, d'une lettre ouverte
au président de la République ("J'accuse")
et la condamnation à un an de prison qu'elle vaut à
son auteur font éclater ce qui devient l'Affaire Dreyfus.
L'opinion se divise alors en "dreyfusards", hommes
de gauche, anticléricaux et antimilitaristes, et en "antidreyfusards",
nationalistes, conservateurs et antisémites.
Le mouvement
de protestation en faveur de la révision de son procès
aboutit à une annulation de sa condamnation par la Cour
de Cassation, le 3 juin 1899. Un deuxième procès
s'ouvre pour lui à Rennes, du 7 août au 9 septembre
1899, à l'issue duquel il est condamné de nouveau,
mais avec des "circonstances atténuantes".
Le 19 septembre, il est gracié par le président
Loubet.
Alfred Dreyfus
vit ensuite à Carpentras, chez une de ses soeurs, puis
à Cologny, près de Genève. Le 5 mars 1904,
la Cour de Cassation déclare acceptable sa demande en
révision du jugement de Rennes. Le 12 juillet 1906, le
jugement est cassé sans renvoi, et, le lendemain, la
Chambre vote une loi le réintégrant dans l'armée,
avec le grade de chef d'escadron. Le 21 juillet 1906, il est
nommé Chevalier de la Légion d'honneur. Il est
ensuite nommé à la direction d'artillerie de Vincennes
; le 15 octobre, il est désigné pour commander
l'artillerie de l'arrondissement de Saint-Denis.
Admis à
la retraite en octobre 1907, il est mobilisé pendant
la Grande Guerre : il est affecté d'abord à l'Etat-major
de l'artillerie du camp retranché de Paris, puis, en
1917, à un parc d'artillerie divisionnaire.
Il meurt
le 12 juillet 1935. Le cortège funèbre, pour rejoindre
le cimetière Montparnasse, traverse la place de la Concorde
au milieu des troupes célébrant la fête
nationale, au garde à vous. Ce stoïcien n'a jamais
voulu faire appel à la pitié, mais simplement
demander justice. Il a rédigé durant son interminable
supplice les Lettres d'un innocent dont Zola, qui sut réveiller
la conscience humaine, disait " je ne connais pas de pages
plus hautes, plus éloquentes, c'est le sublime dans la
douleur et plus tard elles resteront comme un monument impérissable
lorsque nos oeuvres à nous, écrivains, auront
peut-être sombré dans l'oubli ".
Source
: judaisme.sdv.fr/.../e.sdv.fr/perso/dreyfus/adreyfus.htm