Henri
Grouès, dit l'Abbé Pierre, (né le 5 août,
1912 à Lyon, France) est un prêtre français,
fondateur en 1949 d'Emmaüs, une organisation pour les pauvres
et les réfugiés.
Enfant d'une
riche famille aisée et pieuse de soyeux lyonnais, son
père, homme de bonté, visait les plus démunis,
emmenant parfois ses enfants, au nombre de sept, dont il est
le troisième. A 12 ans, il accompagne son père
à la confrérie séculaire des Hospitaliers
Veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs barbiers
pour les pauvres.
A 16 ans,
il veut se faire franciscain, cependant il devra attendre 17
ans et demi. À ce sujet il déclara "On me
disait beau gosse, peut-être même un peu mondain,
pourtant, le lendemain je serai moine".
En 1931,
il renonce à tout héritage et entre chez les capucins.
En religion, Henri Grouès devient frère Philippe.
En 1932, il entre au cloître au couvent de Crest. Il est
ordonné prêtre en 1938. En avril 1939, il devient
vicaire à Grenoble.
Vient la
Seconde Guerre mondiale, où il est mobilisé comme
sous-officier dans le train des équipages, en décembre
1939.
En juillet
1942, deux juifs pourchassés lui demandent de l'aide.
Il découvre alors les persécutions et s'engage
immédiatement, apprend à faire les faux papiers.
Dès août, il commence à faire passer des
juifs en Suisse.
Il participe
à la création de maquis dans le Vercors et la
Chartreuse.
Il aide
les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO).
Il prend le nom d'Abbé Pierre dans la clandestinité.
En 1944, il passe en Espagne, puis rejoint Charles
de Gaulle à Alger.
Il devient
une haute figure de la Résistance.
Après
la guerre, il est député de Meurthe-et-Moselle
aux deux Assemblées nationales constituantes (1945-1946),
comme indépendant apparenté au Mouvement républicain
populaire (MRP), puis à l'Assemblée nationale
de 1946 à 1951, où il siège au groupe MRP.
En 1947,
il est vice-président de la Confédération
mondiale, mouvement fédéraliste universel. Avec
Albert Camus et André Gide, il fonde le comité
de soutien à Garry Davis, citoyen du monde.
Il fonde
en 1949 l'association Emmaüs (du nom d'un des épisodes
des évangiles) d'aide aux déshérités,
particulièrement aux sans-abris. Il commence ainsi, dés
1950 par la communauté d'Emmaüs Neuilly-Plaisance.
Les communautés
Emmaüs se financent par la vente de matériels et
d'objets de récupération et construisent des logements.
C'est une organisation laïque. Le parlementaire quitte
l'enceinte du Palais-Bourbon, le soir venu pour aller rejoindre
les gueux, les miséreux.
Grand sportif,
il n'hésitera pas à faire des plongeons spectaculaires
pour attirer l'attention du public et des médias.
En 1952,
il participera au jeu "Quitte ou double" pour alimenter
financièrement son combat, où il gagnera 254 000
francs.
L'abbé
Pierre acquiert sa notoriété à partir du
très froid hiver de 1954, meurtrier pour les sans-abris
pour une «insurrection de la bonté». «Il
y a 50 ans, tous sortaient à peine des atrocités
de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait
proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la
souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts
à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits
historiques comme celui-là.»
Le jeune
prêtre lançait le 1er février 1954 un appel
sur les antennes de Radio-Luxembourg (RTL) : « Mes amis,
au secours
Une femme vient de mourir gelée cette
nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol,
serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait
expulsée. Devant leurs frères mourant de misère,
une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté
de rendre impossible que cela dure. Je vous en prie, aimons-nous
assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous
ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de
la France, merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri.
Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 500
000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200
pöêles catalytiques. Grâce à vous, aucun
homme, aucun gosse, ne couchera ce soir sur l'asphalte ou les
quais de Paris. Merci ». Le lendemain, la presse titra
sur « l'insurrection de la bonté ». L'appel
rapportera 500 millions de francs en dons.
En 2005,
dans son livre Mon Dieu
pourquoi ?, rédigé
avec Frédéric Lenoir, il déclare qu'il
a eu des relations sexuelles alors qu'il était tenu par
son serment d'abstinence. Aucune de ses relations n'a duré,
car il était tiraillé entre son désir et
son vu de célibat. À ce sujet, il se prononce
pour une réforme de la politique de l'Église en
faveur du mariage des prêtres. Et ne comprend pas l'interdiction
de Jean-Paul II et de Benoît XVI, car ils autorisent le
mariage des prêtres dans les pays orientaux. De plus,
il voit dans cette autorisation un moyen de lutter contre la
pénurie de nouveaux membres de l'Église.
Il se prononce
également pour l'ordination des femmes et ne s'oppose
pas à l'homoparentalité, à condition que
les enfants ne subissent aucun préjudice psychologique
ou social et explique notamment son opinion sur le fait «
qu'un modèle parental classique n'est pas nécessairement
gage de bonheur et d'équilibre pour l'enfant ».
Mais il se déclare contre le mariage et préfère
y substituer une « alliance » homosexuelle. Car
selon lui, le mariage homosexuel « créerait un
traumatisme et une déstabilisation sociale forte ».
L'image
du grand barbu en soutane, en grosse pèlerine et godillots
forge vite son statut de « héros légendaire
», de « juste ». Il a une très grande
popularité en France, les enquêtes d'opinion qui
la mesurent le placent souvent en tête, notamment celle
annuelle du Journal du Dimanche. Il a demandé à
être retiré de la liste des nominés. «
C'est à la fois une arme et une croix », avoue-t-il.
Encore dans
les dernières années de sa vie, malgré
la maladie et l'âge, il est descendu dans la rue pour
soutenir la cause des pauvres. Il a donné sa crédibilité
et soutenu l'association Droit au Logement (DAL), qui dans les
années 1990, ne cesse de bousculer les autorités
en place, quelle que soit leur couleur politique, en réquisitionnant
des logements laissés vides par leur propriétaire.
Convoqué
à Boulogne au siège de la LICRA en 1998, il a
préféré en perdre le titre de président
d'Honneur pour rester l'ami de l'auteur controversé Roger
Garaudy sans pour autant approuver toutes les prises de position
de celui-ci.
Le 1er février
2004, 50 ans après son premier appel, l'Abbé Pierre
a lancé un nouvel appel à la solidarité,
depuis l'esplanade du Trocadéro à Paris, devant
6 000 personnes pour pallier l'incurie.
Source
: fr.wikipedia.org/.../wikipedia.org/wiki/Abb%C3%A9_Pierre
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