Protohistoire
Les premières sources écrites concernant les populations
des territoires qui deviendront un jour la France sont grecques.
Celles-ci – si l'on excepte celles qui concernent la fondation
de Massalia par des colons phocéens vers -600 (Thucydide
sur Marseille) – se bornent pour l'essentiel à citer
les « Cimmériens » au nord et les « Ligures
» au sud (du Rhône) sans autre précision géographique.
Il
faut attendre Aristote, élève d'Isocrate et de Platon
(-384 à -332) pour que soient mentionnées les murs
des Celtes, habitants de la Celtique (du grec keltoi) entre Rhône
et Alpes. Celui-ci, comme la plupart des historiens antiques antérieurs
à la conquête romaine, insiste surtout sur la valeur
guerrière et les mœurs barbares (au sens moderne)
des Celtes. Il est significatif qu'à l'époque où
il écrit, les peuples celtes connaissent alors une phase
d'expansion qui les mène jusqu'au delta du Danube et va
bien au-delà des limites de la Gaule. Ces sources indirectes
n'apprennent donc que peu de choses sur la future France.
Principautés
du premier Âge du fer (-850 à -450)
Le recours à l'archéologie, en revanche,
permet d'établir avec certitude l'irruption de
troubles militaires et sociaux dans les sociétés
relativement stables du néolithique tardif et
de l'âge du bronze. Ces troubles ont lieu vers
-850, c'est-à-dire au premier Âge du fer,
comme le montre le terminus postquem (la date de la
fin d'occupation) de nombreux sites.
À
cette époque, les archéologues reconnaissent
l'existence de complexes technico-économiques,
dont l'un – situé dans les Alpes –
pourrait avoir été proto-celte.
Les
traits caractéristiques de la période
semblent avoir été la domination de principautés
de taille relativement importante, régies par
une aristocratie guerrière. Ces « princes
et princesses de la Celtique » (Patrice BRUN)
se font enterrer avec armes et chariots d'apparat, comme
à Vix en Côte-d'Or (Bourgogne) ou à
Hochdorf (dans le Wurtemberg). Leurs tombes ont également
révélé la présence de luxueux
objets provenant du pourtour méditerranéen
(notamment d'Égypte), ce qui atteste la dimension
commerciale de la richesse de ces aristocrates.
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Les
Celtes (-450 jusqu'au IIe siècle avant notre ère)
Vers -450 à -400, à nouveau, des changements importants
ont lieu dans les domaines artistique et probablement politique.
C'est le moment où apparaît la culture laténienne
proprement dite dans notre espace géographique. Traditionnellement,
on fait commencer vers cette date la période gauloise (au
sens strict). Plusieurs thèses s'affrontent encore pour
expliquer les changements que constate l'archéologie.
Principalement,
elles opposent les tenants de changements sociaux qui se seraient
diffusés progressivement sous l'action des relations avec
le monde méditerranéen aux tenants d'une invasion
proprement dite par des peuples celtes nouveaux venus sur des
territoires occupés antérieurement par des populations
autochtones qui avaient peu changé depuis la préhistoire.
La
réalité sociopolitique de ces changements nous échappe
pour l'essentiel, et il est probable qu'il faille se contenter
d'hypothèses en la matière. La combinaison de changements
de ces deux types est l'explication qui semblent aujourd'hui la
plus probable.
Période
gauloise de l'indépendance (IIe - Ier siècle avant
notre ère)
En fait, il faut attendre quasiment la veille de la conquête
de la Narbonnaise par Rome pour que se lèvent les brumes
sur les Gaulois. Le terme (latin Galli) est attesté pour
la première fois sous la plume de Caton l'Ancien vers -168,
pour désigner les habitants de la Celtique qui avaient
envahi la plaine du Pô, c'est-à-dire les habitants
de la Gaule cisalpine.
Peu
après, et dès la fin du IIe siècle, sous
l'influence de Marseille ou plus généralement grâce
aux liens commerciaux avec le monde méditerranéen,
la Gaule est divisée en tribus ou peuples qui sont établis
durablement et semblent avoir été bien délimités.
Les limites de ces peuples coïncident – dans l'ensemble
– avec celles des futures « cités » romaines
et par là, avec les limites de la plupart des régions
ou des départements français actuels. Les derniers
temps de l'époque laténienne connaissent donc une
relative stabilité ethnoculturelle. Sur le plan politique,
néanmoins et toujours si l'on en croit les sources latines,
les monarchies ou les aristocraties gauloises semblent céder
le pouvoir à des magistrats élus : les « vergobrets
». C'est ce qui explique à la veille de la conquête
la mort du père de Vercingétorix, l'Arverne Celtill,
condamné par son peuple.
Contrairement
à l'image traditionnelle, héritée des auteurs
antiques et de la vision moderne, qui a longtemps collé
aux « barbares » gaulois, il semble aujourd'hui que
la civilisation gauloise de la période précédant
immédiatement la conquête romaine ait été
particulièrement florissante. L'émergence de véritables
villes fortifiées (oppida) de dimensions bien plus importantes
que les forteresses des périodes antérieures, en
effet, ou encore l'usage de la monnaie y sont des traits caractéristiques
d'une civilisation quasiment équivalente à celles
de la péninsule italienne dès -300 à -200.
Les
apports gaulois à la culture romaine de la république
tardive, puis de l'Empire, furent nombreux : sur le plan linguistique,
dans le domaine de l'artisanat ou encore dans le domaine militaire
(le tonneau, l'épée, la cotte de mailles ou encore
le savon en font partie).
Antiquité
À l'époque antique proprement dite, qui débute
avec la conquête romaine, le territoire de ce qui est devenu
aujourd'hui la France correspond pour l'essentiel à la
Gaule.
La
fin de l'indépendance gauloise (-125 à -51)
Le sud-est de la France, notamment le Languedoc et la Provence,
nommés Gallia togata ou « Gaule en toge » en
raison de leur romanisation avancée à la fin de
l'indépendance, sont conquis par Rome dès avant
la fin du IIe siècle.
Sous
le prétexte d'une aide militaire apportée à
Marseille, le général romain Sextius Calvinus conquiert
les territoires des Salyens et provoque la fuite de leur roi :
c'est de son nom que dérive celui de la ville d'Aix-en-Provence
(latin Aquae Sextiae, « Les eaux de Sextius »), alors
que celui de la capitale des Salyens (qui domine la ville, sise
sur le plateau d'Entremont, au nord) s'est perdu.
En
août -121, les Romains, menés par le consul Flavius,
affrontent une coallition arverne et allobroge au confluent de
l'Isère. Rome, en effet, attaque ce dernier peuple sous
le prétexte qu'il avait accueilli le roi salyen comme réfugié.
Le roi arverne, Bituit, est alors fait prisonnier et emmené
en triomphe en Italie. Au même moment, les Gaulois rivaux
de l'hégémonie arverne, à savoir les Éduens,
sont reçus au sénat et sont proclamés «
amis de Rome ».
Après
cette défaite gauloise, le reste des territoires situés
au sud et à l'est des Cévennes sont rapidement soumis
par la force. Tandis que se constitue la première province
romaine hors d'Italie : la Narbonnaise, il semble que l'hégémonie
arverne ait été déstabilisée sous
la double influence de Rome au sud et de ses alliés éduens
au nord. Le pouvoir des magistrats, les « Vergobrets »
que mentionne les sources, succède à la monarchie
sans que la tentation de celle-ci ne disparaisse.
Vers
-80, toutefois, un chef du nom de Celtill, père du futur
Vercingétorix, tente de restaurer un pouvoir régalien
sur les Arvernes, comme au temps de Luern et de Bituit. Mais il
échoue et est brûlé vif par l'aristocratie
de son peuple. Son frère Gobanitio semble avoir été
son principal rival lors de cette affaire, puisqu'il est connu
qu'il devient alors le premier par son pouvoir chez les Arvernes.
Il
faut attendre -58, pour que l'ambition d'un homme, Jules César,
et la menace que fait peser la pression germanique sur les Gaulois,
ne viennent bouleverser l'équilibre politique.
Le
prétexte ou la raison dernière de l'intervention
romaine est la migration helvète : ce dernier peuple, fuyant
devant les Germains, désire s'établir en Gaule et
menace donc les peuples gaulois, mais aussi en arrière
du rempart humain que ces derniers constituent, Rome.
Jules
César, qui avait été nommé proconsul
des Gaules peu de temps auparavant fait alors irruption à
la tête de ses légions au nord du Rhône. Pour
légitimer son action, il s'appuie sur un senatus-consulte
de -61 qui promet assistance au peuple éduen.
Dès
lors, le jeu politique qu'il mène avec les peuples gaulois
tend à faire de lui le réel maître de la Gaule
chevelue. Il était en premier lieu apparu comme le défenseur
de celle-ci.
Il
faut attendre janvier -52, avec l'accession au pouvoir de Vercingétorix,
pour que les Arvernes et leur clientèle se soulèvent
contre l'armée du proconsul : il est certain que la politique
de ce dernier avait surtout favoriser leurs rivaux éduens.
La
Gaule chevelue, conquise par Jules César lors de la guerre
des Gaules de -58 à -51, date à laquelle tombe l'oppidum
d'Uxellodunum, nous est connue par l'œuvre de son principal
acteur : Jules César. Celle-ci, en réalité
improprement nommée, ne toucha jamais l'ensemble des territoires
gaulois et fut principalement le fait de la résistance
du jeune chef arverne Vercingétorix, le vaincu d'Alésia
en -52, et de ses fidèles parmi les peuples clients des
Arvernes.
La
Gaule romaine
Contrairement à ce qui a longtemps été admis,
la romanisation et la pacification semblent avoir duré
au moins un siècle. Les élites furent les plus promptes
à servir le conquérant romain en adoptant son style
de vie et sa langue. Ce phénomène fut renforcé
par les Tables de Lyon lorsque l'empereur Claude donna accès
au Sénat romain aux Gaulois. Désormais, on parle
de Gallo-romains, bien que le terme n'ait jamais été
employé par les contemporains.
En
21, de nouvelles mesures financières poussèrent
plusieurs peuples gaulois, dont les Andécaves et les Turons
à se révolter. Un Éduen nommé Julius
Sacrovir prit la tête de paysans insurgés dans le
Nivernais et opposa les auxiliaires gaulois qu'il commandait aux
troupes romaines. Vaincu, il se donna la mort par immolation.
En
69, un Batave Civilis souleva ses troupes en Belgique alors que
Vitellius et Vespasien s'affrontaient pour l'Empire. Le Lingon
Julius Sabinus, officier gaulois aidé par deux officiers
trévires vint à bout de trois légions romaines
en garnison sur les bords du Rhin. Il brisa les tables de Lyon
et se fit même proclamer « César », mais
fut bientôt vaincu par les Séquanes. Pris par les
Romains après avoir vécu caché durant neuf
années, il finit supplicié avec son épouse.
En
définitive, cet épisode qui opposa des Gaulois entre
eux, Sabinus étant lui-même allié à
des Germains, relève plus de troubles intérieurs
que d'une volonté de mettre fin à une quelconque
domination romaine. La paix qui s'instaura ensuite – si
elle fut une paix « en armes » – dura jusqu'aux
troubles du milieu du IIIe siècle.
Les
crises du IIIe siècle
Au milieu du IIIe siècle, en 258, Francs et Alamans franchissent
le Rhin et pillent la Gaule. Un éphémère
empire des Gaules, sans que celui-ci ait un caractère national,
est créé par Postumus, bientôt assassiné
par ses soldats.
À
la même époque, la crise économique et sociale
pousse des bandes de Bagaudes révoltés contre l'Empire
dans les bois ou dans les régions peu peuplées.
L'Empire
romain surmonte cette crise et paraît renforcé sous
Dioclétien (284 - 313 ou 316) qui met en place le système
de la Tétrarchie. C'est son général, le futur
empereur Maximien, qui vient à bout de la résistance
des bagaudes gaulois.Maximien, qui vient à bout de la résistance
des bagaudes gaulois.
Les
invasions germaniques (406 - VIe siècle)
Dans la nuit du 31 décembre 406 a lieu une invasion massive
de l'Empire romain lorsque Vandales, Suèves, Alains et
d'autres peuples germaniques franchissent le limes rhénan,
profitant de la glace qui a pris les eaux du fleuve. Jusqu'à
la fin de l'Empire romain d'Occident en 476 – et malgré
les efforts d'Aetius – le pouvoir impérial cède
du terrain et les cadres de l'Empire se défont en Gaule.
Les Barbares sont installés sous deux statuts : soit comme
fédérés – foederati –, soit comme
colons – lètes.
Moyen
Âge
Le Moyen Âge est une période « densément
importante » pour l'Histoire de France : la France «
moderne », en effet, naît à cette époque.
D'une part c'est la période historique la plus longue (un
millénaire) ; d'autre part c'est une période où
l'histoire locale est très importante : chaque comté,
chaque ville a une importance politique, stratégique, économique,
et chaque principauté possède sa propre histoire
indépendante, du moins jusqu'à ce que naisse l'État
français vers la fin du XIe siècle.
Plusieurs
dynasties ont régné sur les territoires composant
la France au Moyen Âge :
les Mérovingiens, descendants de Clovis
les Carolingiens, descendants de Charlemagne
les Capétiens puis les Valois, descendants d'Hugues Capet.
Les
origines de la France (Ve - IXe siècles)
La France doit son nom aux Francs. Après l'effondrement
de l'Empire romain d'Occident en 476, les succès militaires
et politiques de ce peuple germanique et la conversion au christianisme
orthodoxe (c'est-à-dire au catholicisme romain par opposition
à l'hérésie arienne) de son roi, Clovis,
en 496 ou en 498, permirent aux Francs occidentaux de mettre la
main sur l'essentiel de la Gaule. Sous la dynastie des successeurs
de Clovis, les Mérovingiens, l'ancienne province romaine
acheva de se germaniser.
Durant
cette première phase de formation des traits de la civilisation
médiévale classique, la notion d'État, c'est-à-dire
de « bien public » (latin res publica) héritée
de la Rome antique disparut, tandis que s'imposait la confusion
entre biens d'État et domaine privé du souverain.
À
la fin de l'époque mérovingienne, cependant, les
rois avaient perdu l'essentiel de leurs pouvoirs tandis que les
« maires du palais », aristocrates francs, dirigeaient
les affaires du royaume.
Tandis
qu'une division politique entre l'ouest (la Neustrie) et l'est
(l'Austrasie) s'instaurait, le nom de la Gaule resta en usage
chez les lettrés chrétiens jusqu'à la dynastie
suivante, celle des Carolingiens.
La
naissance de la France sous les Carolingiens (IXe - Xe siècle)
Ceux-ci, dont les ancêtres d'origine austrasienne avaient
été maires du palais à plusieurs reprises
(notamment avec Charles Martel, le vainqueur de la bataille de
Poitiers en 732), ne prirent la couronne qu'avec Pépin
le Bref, en 751. Le royaume des Francs (latin regnum francorum),
unifié par les premiers Carolingiens, connut sa plus grande
expansion sous Charlemagne qui se fit couronner « Empereur
des Francs et des Romains » à Rome à la noël
800. Celui-ci étendit le royaume jusqu'en Saxe à
l'est (dilatatio regni), en Bretagne à l'ouest et jusqu'au
pays basque au sud.
Il
fallut néanmoins attendre près d'un demi-siècle
pour que la Francie, terme qui désigna en premier lieu
les territoires du royaume originel des Francs, ne donne naissance
à la France.
Cette
dernière fut dans un premier temps appelée Francie
occidentale par opposition à la Francie orientale, sous
le règne du petits fils de Charlemagne, Charles le Chauve.
En 842, les serments de Strasbourg, puis le traité de Verdun,
en 843, achevèrent d'établir la distinction entre
les territoires qui allaient devenir la France et les territoires
qui allaient devenir la Germanie.
En
845, Nominoë, missus dominicus de la Bretagne (Princeps Veneticae
civitatis), écrase les troupes de Charles le Chauve à
la bataille de Ballon. L'indépendance de la Bretagne est
reconnue par Charles le Chauve. Les Francs perdent Rennes, Nantes
et le pays de Retz. En 856, au traité de Louviers, Erispoë
est officiellement roi de Bretagne. Le traité d'Entrammes
en 863 reconnaît à la Bretagne le Maine et une partie
de l'Anjou, et en 868, le traité de Compiègne lui
concède les droits sur le Cotentin et l'Avranchin.
est reconnue par Charles le Chauve. Les Francs perdent Rennes,
Nantes et le pays de Retz. En 856, au traité de Louviers,
Erispoë est officiellement roi de Bretagne. Le traité
d'Entrammes en 863 reconnaît à la Bretagne le Maine
et une partie de l'Anjou, et en 868, le traité de Compiègne
lui concède les droits sur le Cotentin et l'Avranchin.
La
lutte pour étendre le domaine royal sous les premiers Capétiens
(XIe - XIIe siècle)
Les successeurs des derniers Carolingiens, les premiers Capétiens
avaient peu de pouvoir sur leurs plus puissants vassaux à
la tête de principautés, et ne possédaient
qu'un domaine peu étendu, réduit pour l'essentiel
à l'Île-de-France, vestige du duché de France
de Robert le Fort. Ils parvinrent néanmoins à rendre
héréditaire leur lignage et, par une politique habile
suivie par la plupart d'entre eux, à accroître significativement
le domaine royal, pour en faire un des royaumes les plus puissants
d'Occident.
Les
principautés se constituent : comté d'Anjou, duché
d'Aquitaine, duché de Bourgogne, Bretagne, comté
de Flandre, duché de Normandie.
Crises
et mutations du bas Moyen Âge (XIVe - XVe siècle)
La lignée des Capétiens directs se termina de façon
tumultueuse par le règne successif de trois fils de Philippe
IV. Le scandale de la Tour de Nesle ébranla le prestige
de la royauté. Louis X le Hutin mort prématurément,
eut un fils posthume, Jean Ier qui ne vécut que quelques
jours : le régent, son frère, devint alors roi sous
le nom de Philippe V le Long. Lui-même n'eut pas d"héritiers
et la couronne passe au troisième frère, Charles
IV le Bel.
Faute
d'héritier mâle au dernier Capétien direct,
le pouvoir passa à une branche cadette, les Valois.
Ce
choix contraria l'ambition d'un autre prétendant, descendant
de Philippe le Bel par sa mère, et qui était Édouard
III, roi d'Angleterre. La loi salique interprétée
avec talent par les grands féodaux pour écarter
cette candidature jugée dangereuse pour leur propre indépendance,
fut la cause directe de la Guerre de Cent Ans.
Pendant
cet interminable conflit, le territoire français fut le
champ clos des combats épisodiques mais acharnés
entre rois de France et rois d'Angleterre qui voulaient l'être
aussi de France. Les grands du royaume s'allient en fonction de
leur propre stratégie personnelle et la situation devient
extrêmement difficile pendant le règne de Charles
VI, devenu fou. Ses proches parents, Louis d'Orléans, frère
du roi et le puissant duc de Bourgogne Jean sans Peur, y voient
l'occasion d'étendre leur pouvoir et entrent dans une rivalité
qui s'acheva par l'assassinat des deux protagonistes et la quasi
éviction du dauphin Charles VII devenu le « roi de
Bourges » pendant que les Anglais parviennent à faire
proclamer leur propre roi. L'irruption dans l'histoire de France
de Jeanne d'Arc est un évènement extraordinaire
qui entra dans la légende, mais se termina bel et bien
par ce que les Anglais furent finalement boutés hors de
France malgré la mort de l'héroïne sur le bûcher
à Rouen le 30 mai 1431.
Les
rois de France regagnent prestige et autorité. Ils ont
toujours à faire à forte partie, en particulier
avec les ducs de Bourgogne, les Grands Ducs d'Occident. Philippe
le Bon et Charles le Téméraire seront les principaux
rivaux de Charles VII et de son fils Louis XI. À leurs
possessions bourguignonnes, ils ont joint les Pays-Bas, et se
posent parmi les plus puissants souverains d'Europe. À
la mort du Téméraire, une partie de ses possessions
reviennent à sa fille, Marie de Bourgogne, épouse
de Maximilien d'Autriche : un nouveau danger se précise.
Le
Moyen Âge s'achève sur la disparition des grandes
principautés : duché de Bretagne et duché
de Bourgogne.
Époque
moderne
La fin du monde médiéval
Lorsque François Ier monte sur le trône, son principal
compétiteur en Europe est Charles-Quint dont les domaines
encerclent le royaume de France. La rivalité entre les
deux souverains et leurs successeurs va occuper le XVIe siècle,
chacun essayant de nouer les alliances, parfois compliquées
de considérations religieuses qui leur permettent d'espérer
l'emporter. Le catholique François Ier va nouer une alliance
avec le sultan Soliman le Magnifique ou les princes protestants
allemands pour prendre à revers le non moins catholique
Charles Quint. Chacun d'eux essaye de s'attirer la faveur du peu
recommandable Henri VIII d'Angleterre, qui rompt avec Rome pour
pouvoir se remarier...
L'Époque
moderne débute par la Renaissance. Ce mouvement philosophique
et artistique, puis socioculturel conduit à l'affirmation
du rôle prépondérant de l'Homme dans l'univers
– à travers l'Humanisme – et aboutit à
une remise en cause de l'emprise de l'Église sur la société.
La
Renaissance culturelle gagne la France depuis l'Italie, notamment
par le biais des Guerres d'Italie, commencées sous le règne
de Charles VIII (1483-1498), continuée sous ses sucesseurs
Louis XII et surtout François Ier. Celui-ci emmène
Léonard de Vinci à sa cour. C'est l'époque
de la construction des châteaux de la Loire, dont Chambord
est le plus bel exemple. Parallèlement, des progrès
techniques considérables ont lieu, amorcés à
la fin du Moyen Âge, qui permettent un essor considérable
de la production. Ces inventions facilitent aussi la diffusion
du savoir, avec l'invention de l'imprimerie, mais aussi l'expansion
de la civilisation européenne.
Au
départ à but économique, la recherche de
la « route des Indes » amène la découverte
de l'Amérique en 1492 et la prise de conscience pour les
Européens de l'existence d'autres cultures. L'ensemble
de ces faits, auxquels s'ajoute le schisme protestant, avec la
réforme de l'Église entreprise par Luther et Calvin,
fait voler en éclats les cadres de la société
médiévale.
Les
guerres de religion
Aux progrès de la Réforme protestante, rendue possible
par l'impression et la diffusion de la Bible, s'oppose la contre-Réforme
de l'Église catholique. Le durcissement de l'opposition
entre catholiques et protestants voit les deux religions s'affronter
violemment dans l'ensemble de l'Europe et notamment dans le royaume
de France.
Le
règne d'Henri II (1547-1559), et surtout ceux de ses trois
fils François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574) et
Henri III (1574-1589), furent marqués par cet affrontement
entre protestants et catholiques, notamment par les huit Guerres
de religion entre 1562 et 1598. Le massacre de la Saint-Barthélemy,
commencé dans la nuit du 24 au 25 août 1572, est
l'exemple le plus tragique de ces affrontements. À la mort
d'Henri III, assassiné par un moine fanatique, et faute
d'héritier mâle, le trône passa à une
branche cadette, les Bourbons, en la personne d'Henri IV, auparavant
roi de Navarre. Mais celui ci étant protestant, il ne fut
pas reconnu par les ultra-catholiques de la Sainte-Ligue. Il lui
fallut reconquérir son royaume et surtout se convertir
au catholicisme, ce qu'il fit en 1593 (il aurait eu à l'occasion
le mot célèbre : « Paris vaut bien une messe
»). Une fois son pouvoir consolidé, Henri IV mit
un terme aux Guerres de religion en promulguant la liberté
de culte pour les protestants par l'édit de Nantes de 1598.
Aidé de son ministre Sully, Henri IV tacha de remettre
sur pied le royaume durement éprouvé par les Guerres
de religion ; lorsqu'il est assassiné par Ravaillac, un
catholique fanatique en 1610, il lègue à son fils
Louis XIII un royaume considérablement renforcé.
de religion ; lorsqu'il est assassiné par Ravaillac, un
catholique fanatique en 1610, il lègue à son fils
Louis XIII un royaume considérablement renforcé.
La
monarchie absolue
C'est sous les Bourbons que la monarchie absolue, appelée
également Ancien Régime fut au faîte de sa
puissance.
Louis
XIII (1610-1643) succéda à Henri IV, assassiné
en 1610. Avec son ministre, le cardinal de Richelieu, il mena
une politique de domestication des grands seigneurs du royaume,
de durcissement envers les protestants et, sur le plan de la politique
extérieure, d'affrontement avec la dynastie des Habsbourg,
divisée en deux branches, Espagne et Autriche. Durant le
règne de Louis XIV (1643-1715), la France était
la puissance politique, économique et culturelle dominante
en Europe grâce aux achats de l'Espagne avec les métaux
précieux de son empire et à la politique mercantiliste
initiée par Fouquet et surtout Colbert . Les nombreuses
campagnes militaires de Louis XIV et la confusion entre l'argent
de l'État et la Cassette royale, lourdement sollicitée
par les fastes de sa cour, conduisirent à des problèmes
financiers chroniques durant le XVIIIe siècle.
Louis
XV succéda à son arrière-grand-père,
Louis XIV, mort en 1715. Son règne est très brillant
sur le plan culturel, avec l'apparition des philosophes des Lumières
tels Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot et d'Alembert, mais
la France perd son importance politique outre-mer, notamment en
Amérique et en Inde où elle cède ses territoires
à la rivale Angleterre par le traité de Paris de
1763. Le plus grand problème de de l'État est alors
le déficit budgétaire chronique qui conduit à
rend le roi dépendant des financiers et des manieurs d'argent.
Les tentatives de modernisation du « système fisco-financier
», comme le « système » de Law pendant
la régence de Philippe d'Orléans n'aboutissent pas.
Autre source de paralysie des systèmes de gouvernement,
l'opposition des Parlements, cours de justice dominée par
une aristocratie se posant en défenseur des lois du royaume.
S'opposant à toute tentative de modification du système
fiscal, elle empêche la réforme nécessaire
de l'État absolutiste. Le petit-fils de Louis XV, Louis
XVI est le dernier monarque absolu d'un royaume miné par
les problèmes financiers et budgétaires. Il est
destitué par la Révolution française.
Révolution
française
La
Révolution française est l'événement
qui marque dans l'Histoire de France le tournant
entre « l'Époque moderne » et « l'Époque
contemporaine ». C'est aussi la première fois, dans
l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le régime
monarchique a été renversé, l'épisode
de la Révolution anglaise de Cromwell n'ayant pas eu ce
résultat. Son impact est également dû aux
guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont touché
une large partie de l'Europe continentale avec la création
de « républiques-sœurs » ou la fin du
Saint-Empire romain germanique. La période révolutionnaire
commence en 1789, avec la réunion des États généraux
et la prise de la Bastille, et se termine en 1799 avec le coup
d'État du 18 Brumaire.
Consulat
et Premier Empire
La restauration est la période allant de la chute de l'Empire
le 6 avril 1814 à la Révolution de 1830. Les Bourbon
reviennent au pouvoir. Il s'agit en fait de la « Restauration
» de l'Ancien Régime. Cette période fut entrecoupée
par l'épisode des Cent-Jours du 20 mars au 22 juin 1815
pendant laquelle Napoléon reprit brièvement le pouvoir.
Cet intermède divise la Restauration en une Première
Restauration et une Seconde Restauration.
Deuxième
République
La Deuxième République est un régime original
dans l'histoire de France, par sa brièveté d'une
part mais aussi par sa constitution : c'est le seul régime
monocamériste de l'histoire de France.
Second
Empire
Le Second Empire était le régime bonapartiste de
Napoléon III de 1852 à 1870, entre la Deuxième
République et la Troisième République, en
France.
La
guerre de 1870
La guerre franco-allemande (19 juillet 1870 - 10 mai 1871) opposa
le Second Empire français et les royaumes allemands unis
derrière le royaume de Prusse (aussi est-elle parfois appelée
guerre franco-prussienne). Le conflit marqua le point culminant
de la tension entre les deux puissances, résultant de la
volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui n'était
alors qu'une fédération lâche d'États
quasi-indépendants. La défaite entraîna la
chute de l'Empire français.
La
Commune de Paris
La Commune de Paris fut un gouvernement révolutionnaire
formé à Paris le 26 mars 1871. Dans plusieurs autres
villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Toulouse, Narbonne,
Grenoble, Limoges) des communes ont été proclamées
à partir du 3 mars 1871, mais elles ont été
toutes rapidement réprimées.
Troisième
République
Après la guerre franco-prussienne de 1870, la Troisième
République fut instaurée ; elle dura jusqu'à
la défaite militaire de 1940.
La
guerre de 1914-1918
Suite
aux fortes pertes en troupes et en matériel causées
par la Première Guerre mondiale (1914-1918), la France
mit en place, dans les années 1920, un système évolué
de défense de ses frontières (la ligne Maginot),
une flotte puissante comprenant des cuirassés comme les
Richelieu et Jean Bart ainsi que le porte-avion Béarn,
ainsi que des alliances avec ses voisins afin de se garantir contre
une éventuelle résurgence de la puissance allemande.
Seconde
Guerre mondiale
Gouvernement
de Vichy
Elle fut néanmoins rapidement vaincue lors de la Seconde
Guerre mondiale, et fut occupée dès juin 1940. La
victoire allemande imposa aux Français un gouvernement
remanié pour la circonstance : le 10 juillet 1940, le Gouvernement
de Vichy était mis en place. Ses vieux dirigeants fermèrent
les yeux sur le pillage du pays, et durent accepter l'envoi de
Français dans des camps de travail forcé, en Allemagne
; ils espéraient, de cette manière, préserver
au moins une partie de la souveraineté française.
France
libre
Le général de Gaulle s'opposa à l'armistice
et quitta la France pour l'Angleterre le 15 juin 1940 pour former
et diriger les Forces Françaises Libres. Son appel du 18
Juin au peuple français, via la radio BBC depuis Londres,
incita la résistance française (partout où
elle se trouvait) contre l'occupant nazi.
L'occupation
allemande s'avéra finalement une catastrophe économique,
puisque l'Allemagne s'appropriait une bonne moitié des
revenus du secteur public. Après quatre années d'occupation
et de privations, les forces alliées libérèrent
la France en 1944.
L'après-guerre
Roosevelt avait envisagé de mettre la France sous tutelle
de l'administration américaine. De Gaulle refuse cette
situation et, le 14 juin, il déclare : Nous combattons
aux côtés des alliés, avec les alliés,
comme un allié. Et la victoire que nous remporterons sera
la victoire de la France. Au fur et à mesure de la libération
du territoire Français, chaque ville est le siège
d'une lutte d'influence entre la MMLA (Mission Militaire de la
Liaison Administrative) et l'AMGOT des forces américaines.
En fait, après quelques crispations, les coopération
entre les deux administrations sera plutôt efficace.
Fin
août 1944, le Gouvernement provisoire de Charles de Gaulle
s'impose sur le terrain. Il est composé des communistes,
des socialistes et des gaullistes. L'engagement des communistes
français dans la résistance, le courage des soldats
soviétiques et la victoire finale de l'URSS et des alliés
procurent aux dirigeants communistes un prestige important dans
l'opinion publique. Il faudra attendre mi-octobre pour qu'il soit
officiellement reconnu par les États-Unis. Le gouvernement
provisoire accorde le droit de vote aux femmes le 21 avril 1944,
dans un article 17 de l'ordonnance d'Alger : elles voteront pour
la première fois aux élections municipales des 29
avril et 13 mai 1945.
Quatrième
République
En 1946, le gouvernement provisoire céda la place à
la Quatrième
République, instaurée par une nouvelle constitution
approuvée par référendum. Mais les tensions
internes suite à l'épuration et les divergences
concernant les problèmes coloniaux en Indochine et en Algérie
conduisirent à des crises successives, et à plusieurs
remaniements ministériels.
Cinquième
République
Finalement, le 13 mai 1958, suite aux événements
en Algérie, le gouvernement fut dissout, le Parlement légitima
le coup d'État et demanda au général de Gaulle
de prendre la direction du pays, afin d'éviter une éventuelle
guerre civile. Il devint Président du Conseil en juin 1958
(au début de la Cinquième République), et
fut élu président de la République en décembre
de la même année.
De
Gaulle mit en œuvre plusieurs fois la procédure du
référendum, et notamment celle qui décida
de l'élection du Président de la République
au suffrage universel.
En
1965, lors de la première élection au suffrage universel
direct, de Gaulle fut réélu avec 55 % des suffrages
contre son adversaire François Mitterrand.
Les
évènements de mai 68 démarrèrent sur
des campus universitaires et rallièrent les partis de gauche.
Le régime sembla vaciller, avec apparence de vacances du
pouvoir pendant quelques jours. Mais de Gaulle reprit la main
et une grande manifestation sur les Champs-Élysées
en sa faveur l'incita à rester. Les accords de Grenelle
furent conclus par Georges Pompidou, bientôt remplacé
comme Premier Ministre par Maurice Couve de Murville.
En
avril 1969, le gouvernement de De Gaulle lança un référendum
national sur la création de 21 régions ayant des
pouvoirs politiques limités et sur la transformation du
Sénat en chambre corporative. Le « non » l'emporta
lors du référendum et de Gaulle préféra
démissionner.
Ses
successeurs à la tête de la France furent le gaulliste
Georges Pompidou (1969-1974), le républicain indépendant
Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), le socialiste François
Mitterrand (1981-1995), et le néo-gaulliste Jacques Chirac
(élu au printemps 1995, réélu en mai 2002).
La
France dans la construction européenne
La construction européenne a débuté dès
le lendemain de la seconde Guerre mondiale, notamment sous l'impulsion
de Jean Monnet, par la création de la Communauté
européenne du charbon et de l'acier (CECA).
Elle
a été poursuivie sous la Cinquième République
par tous les présidents, qu'ils soient de droite ou de
gauche. En effet, bien que la France reste très attachée
à sa riche histoire et à son indépendance,
le pouvoir se situant au moins autant au niveau économique
qu'au niveau politique, les dirigeants français travaillent
à lier de plus en plus l'avenir du pays au développement
de l'Union Européenne. Le créateur de la Cinquième
République, Charles de Gaulle, était assez sceptique
quant à la construction européenne et bloqua par
exemple l'entrée dans la CEE de l'Angleterre qu'il considérait
comme le Cheval de Troie de l'Amérique. La construction
européenne s'accélère donc pendant la présidence
de Pompidou et surtout de Giscard D'Estaing. Pendant la présidence
de François Mitterrand, celui-ci insista sur l'importance
de l'intégration européenne, et poussa à
la ratification du Traité de Maastricht sur l'union économique
et politique européenne. Cette ratification fut approuvée
par l'électorat français en septembre 1992. En 2003,
la France et l'Allemagne ont par plusieurs aspects renforcé
leurs liens, le fait le plus marquant étant peut-être
la représentation des intérêts de l'Allemagne
par le Président de la République française
au Conseil européen, attestant de la confiance mutuelle
que se portent les deux pays et montrant l'exemple à leurs
partenaires européens.
Jacques
Chirac, l'actuel président de la République, est
entré en fonction le 17 mai 1995, après une campagne
axée sur la lutte pour l'emploi. Mais pour pouvoir satisfaire
aux critères de l'Union Economique et Monétaire
européenne, mise en place par le Traité de Maastricht,
il fut obligé de mener plutôt une politique de réformes
économiques et de rigueur. Fin 1995, la France connut d'ailleurs
les plus importantes grèves de la décennie, lorsque
les employés protestèrent contre cette politique
de rigueur.
En
politique étrangère, Jacques Chirac mit l'accent
sur la protection de la force d'interposition française
en ex-Yougoslavie, et aida à promouvoir les accords de
paix négociés à Dayton, et signés
à Paris en décembre 1995. Avec l'Allemagne et la
Russie, la France fut l'un des opposants les plus fermes à
la deuxième guerre d'Irak menée par Georges W. Bush
et alliés.
Après
une mémorable sortie de l'OTAN, les gouvernements français
se sont montrés défenseurs de la politique de l'Organisation
des Nations unies (ONU) et de l'Union Européenne au Kosovo,
puis dans les Balkans.
source
Wikipédia
Carte
de la France en 1328
Carte
de la France en 1453
Carte
du Paris médiéval
Personnalités et célébrités
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