Etat
sur la mer Baltique et sur le golfe de la Finlande, qui le sépare
de la Finlande, l' Estonie (Eesti Vabariik en estonien) est
bordée à l'est par la Russie et au sud par la
Lettonie.
Résultat de l'érosion et de l'accumulation glaciaire
du Quaternaire, l'espace estonien (45.100 km2) est en grande
partie une plaine dont les altitudes ne dépassent pas
40 m, sauf dans le plateau calcaire septentrional, où
les altitudes approchent 50 m. Les plus grandes hauteurs
sont dues aux accumulations morainiques du sud (217 m au
Kuutse Mägi) et du sud-est (318 m au Munamägi).
Environ 10 % du territoire estonien recouvre la forme d'un
archipel dans la Baltique, formé de plus de 1.500 petites
îles, dont les plus grandes sont Saaremaa (2.673 km²)
et Hiiumaa (989 km²). La côte est rocheuse et fragmentée;
une falaise calcaire de 100 m de haut présente plusieurs
sites favorables à l'installation des ports.
Le
climat est frais et humide (entre 550-750 mm/an). Plus
de 1.400 lacs et le grand nombre des rivières (environ
150) témoignent du passé glaciaire de l'espace
estonien. Les sols acides, podzoliques, supportent bien la végétation
de résineux (60 % des forêts, qui couvrent
40 % du territoire), mais sont peu fertiles et inadéquats
pour une agriculture intensive. Plus de 13 % de la surface
du pays est le domaine des marais à tourbe.
Population
Avec
une population estimée à 1,4 million d'habitants
et une densité de 31 hab./km², l' Estonie est
peu peuplée et l'origine de sa population est diverse :
Estoniens 61,4 % , Russes 30,4 %, Ukrainiens 3,2 %,
Biélorusses 1,9 %, Finnois 1,2 %. La question
démographique est préoccupante depuis un certain
nombre d'années en raison du faible accroissement naturel
des Estoniens; l'immigration, surtout russe, l'a longtemps compensé,
au prix d'un déséquilibre croissant en faveur
de ceux-ci, mais on enregistre depuis 1994 une forte émigration
(plus de 10.000 personnes par an, essentiellement russophones),
qui n'a pas été contrebalancée par une
immigration, qui reste très contrôlée. Depuis
que l' Estonie est sortie de l'URSS, les Estoniens s'efforçent
de marginaliser les Russes (définition très restrictive
de la citoyenneté estonienne); les relations avec cette
minorité, qui a perdu son statut social dominant, sont
tendues. En janvier 1997, tout en rejetant les accusations portées
par Moscou de non-respect des libertés de cette minorité,
l'Union européenne a demandé à l' Estonie
de favoriser l'intégration des «non-citoyens»
en leur facilitant l'accès à la langue. En effet,
selon les termes de la loi sur la citoyenneté adoptée
en 1995, l'obtention de la citoyenneté est conditionnée
à un examen portant sur la connaissance de la langue,
de l'histoire et des institutions estoniennes. Sur les 430.000 russophones
vivant en Estonie, près de la moitié d'entre eux
n'ayant pas pu ou pas voulu opter pour la citoyenneté
russe ou estonienne, sont de ce fait apatrides et ne peuvent
ni entrer dans la fonction publique ni participer aux élections
lors des scrutins nationaux. Ils bénéficient toutefois
du droit de participation aux élections locales.
Urbanisé
à 70,5 %, le pays présente la même
situation que les autres Etats baltes: les populations russophones
se sont concentrées dans les zones industrielles et urbaines
(96 % à Narva, par exemple), tandis que dans les
campagnes dominent les Estoniens (88 % de la population
rurale). Les plus grandes densités se trouvent au nord
du pays (plus de 65 h./km²), dans les régions
les plus industrialisées et les plus urbanisées.
Tallinn, la capitale, concentre plus de 35 % de la population
totale du pays. À l'ouest, les densités se situent
autour de 20 h./km². Les villes sont de taille modeste
(Tartu 104.900 h., Narva 77.800, Kohtla Järve 55.400
et Pärnu 51.500).