Préhistoire
Des fouilles réalisées ces dernières années
en Géorgie puis en Bulgarie permettent de dire que le
genre Homo existe en Europe depuis environ 1,5 million d'années.
Il est en effet probable que ses représentants aient
peuplé l'Europe depuis le Caucase en suivant la voie
danubienne.
On appelle
anténéandertaliens les populations qui ont vécu
en Europe il y a 800 000 à 400 000 ans. Ils sont notamment
représentés par l'homme de Tautavel (- 450 000
ans), le « Français le plus ancien ».
Les premières
traces de peuplement néandertalien en Europe remontent
à 300 000 ans. Cette espèce humaine, très
spécialisée, semble n'avoir existé qu'en
Europe et au Proche-Orient. Elle a disparu il y a près
de 30 000 ans.
L'homme
moderne (dont les premières traces africaines remontent
à 120 000 ans) apparaît en Europe il y a 40 000
ans, représenté notamment par l'homme de Cro-Magnon.
Antiquité
C'est aux Grecs qu'on doit le mot Europe, attesté pour
la première fois au VIe siècle av. J.-C. Il semble
qu'il ait d'abord désigné pour eux la région
continentale située au nord du golfe de Corinthe, puis
les terres qu'ils découvraient peu à peu au nord
du bassin méditerranéen.
Sur les
rives de la Méditerranée, après l'essor
de la Grèce, vient celui de la civilisation romaine.
Plus au nord se développent des civilisations protohistoriques
: Celtes, Germains, etc.
La constitution
de l' Empire romain, puis le développement du christianisme,
permettent une première ébauche d'unité
européenne dont le centre politique et économique
est la Méditerranée.
La lente
désagrégation de cet empire et son incapacité
à résister face aux incursions répétées
des peuples germaniques entraînent sa dislocation puis
l'effondrement de sa moitié occidentale. Divers peuples
germaniques accaparent alors le pouvoir dans de nouvelles entités
territoriales aux frontières mouvantes, préludes
à la création des actuels États européens
de l'ouest.
À
l'est, l'empire romain d'Orient, ayant pour capitale Constantinople,
subsiste et mue en un empire chrétien d'Orient où
les habitants persistent à se considérer «
Romains ».
Moyen
Âge
Charlemagne est considéré comme le « père
de l' Europe ». C'est en effet avec lui que le mot Europe
prend une signification politique. On l'appelle de son vivant
Pater Europae, et on trouve aussi l'expression Europa vel regnum
Caroli (l' Europe, ou le royaume de Charles). L' Europe de Charlemagne,
c'est d'abord une Europe franque, dans laquelle Rome ne joue
plus le rôle majeur : s'il est sacré empereur d'Occident
à Rome, c'est Aix-la-Chapelle qu'il choisit comme capitale
de son empire. C'est aussi une Europe chrétienne : Charles
se considère comme couronné par Dieu, et le fait
que son sacre à Rome ait eu lieu un 25 décembre
a valeur de symbole. C'est enfin une Europe occidentale, les
projets d'union avec l'empire d'Orient envisagés vers
l'an 800 ayant échoué.
Le Moyen
Âge est, presque partout en Europe, l'époque de
la féodalité d'où émergeront, sous
l'impulsion de rois énergiques et ambitieux, les ébauches
des premiers États modernes, souvent antagonistes comme
la France et l'Angleterre.
L'empire
d'Occident se désagrège rapidement après
la mort de Charlemagne, puis disparaît au début
du Xe siècle. En 962, Otton Ier crée le Saint
Empire romain germanique, mais celui-ci ne peut s'étendre,
contrecarré par la montée des nationalismes (France,
Angleterre), par ses luttes avec la papauté, puis par
le développement de l'empire ottoman lors de l'époque
moderne.
L'empire
byzantin, chrétien mais de culture essentiellement grecque,
connaît d'importantes fluctuations de sa force et par
conséquent de l'emprise de son territoire. Celui-ci s'étendra
à son apogée sur une grande partie du rivage méditerranéen,
d'abord sous Justinien Ier, puis sous les empereurs macédoniens,
du IXe au XIe siècle.
La montée
en puissance des Musulmans, puis le Grand Schisme (1054) entre
le catholicisme et l'orthodoxie - suivi d'une croisade dirigée
en 1202 à son encontre - affaiblissent l'empire d'Orient.
Il est dépecé morceaux par morceaux par l'empire
ottoman avant de disparaître lors de la chute de Constantinople
en 1453.
En fait,
c'est le terme de Chrétienté qui, durant quelques
siècles, unira culturellement la plupart des Européens
catholiques alors que le mot Europe disparaît des propos
et des esprits. Les croisades sont l'une des rares concrétisations
politique et militaire de ce sentiment d'appartenance.
Epoque
moderne
A l'époque où l'Empire Byzantin s'effondre, la
Reconquista touche à sa fin. 1492 est l'année
de l'Espagne, avec la reconquête du dernier royaume maure
(Grenade) en péninsule ibérique et le premier
voyage de Christophe Colomb, sous l'égide des Rois catholiques
qui va ouvrir la voie à l'établissement des hégémonies
européennes.
Le rêve
d'un grand empire européen renaît au XVIe siècle,
avec l'affrontement entre François Ier et Charles Quint,
qui tous deux se disputent le trône du Saint-Empire. Grâce
à l'appui des banquiers Fugger, Charles Quint l'emporte,
se retrouvant à la tête d'un domaine très
vaste, mais aussi très morcelé. Les diverses guerres
menées contre la France ne donnent aucun résultat
et, durant deux siècles, le découpage de l' Europe
va évoluer au gré des alliances matrimoniales
et des guerres entre États. Plus grave, le ciment du
christianisme catholique, qui donnait un semblant d'union à
cette Europe, éclate en morceaux avec la Réforme
(ou plutôt les Réformes), dont l'impact politique
est considérable, entraînant notamment la formation
des Provinces-Unies et de la Confédération helvétique.
Les guerres de religion, la guerre de Trente Ans, les guerres
de Louis XIV rythment les XVIe et XVIIe siècles. Les
traités de Westphalie (1648) redessinent durablement
la carte politique de l' Europe et l'équilibre des forces
en présence.
L'Époque
moderne est donc finalement marquée par un renforcement
des nationalismes en tout genres. C'est aussi l'époque
où l' Europe s'étend très loin de ses frontières
naturelles par la constitution des premiers empires coloniaux
sur le continent américain, puis en Inde.
Epoque
contemporaine
La Révolution française inaugure un bouleversement
politique très important : les idées démocratiques
apparaissent sur le devant de la scène et les campagnes
de Napoléon Ier puis le Congrès de Vienne vont
remodeler profondément la carte de l' Europe et les mentalités.
À
la fin d'un long processus, le XIXe siècle voit se réaliser
l'unité de l'Italie et de l'Allemagne, ainsi que la constitution
de plusieurs nouveaux pays dans les Balkans, issus du démembrement
de l'Empire ottoman, appelé alors l'homme malade de l'Europe.
C'est aussi
l'apparition de nouveaux mouvements politiques prônant
plus d'égalité (socialismes), voire le démantèlement
du pouvoir des États (anarchismes). Ces idées
se diffuseront par la suite, et avec plus ou moins de retard,
largement hors des frontières de l' Europe.
La domination
politique et économique de l' Europe sur le reste du
monde s'est affirmée après qu'elle a bouleversé
son économie lors des révolutions industrielles,
développant sa productivité et amorçant
une forte explosion démographique. Leur avance technologique,
et notamment militaire, permit aux pays européens, en
concurrence les uns contre les autres, d'étendre leur
emprise sur les autres continents. Cette colonisation connut
son apogée au début du XXe siècle(cet apogée
s'achève en 1914), avant que les deux guerres mondiales
ne bouleversent l'ordre établi. La Seconde Guerre mondiale
laisse l' Europe exsangue (voir l'article Europe sous domination
nazie). Alors que la suprématie des pays européens
occidentaux disparaît au profit de deux nouvelles super-puissances
(les États-Unis et l'Union soviétique), des rébellions
se développent dans les colonies, aboutissant à
l'indépendance de nombreux pays, notamment au cours du
troisième quart du XXe siècle.
Parallèlement,
alors que l'excédent démographique de l' Europe
était tel qu'elle constituait un réservoir d'émigration
massive tout au long du XIXe siècle et au début
du XXe siècle, les pays du continent furent confrontés
à une stabilisation, voire une régression démographique
à partir de la Première Guerre mondiale. Cela,
combiné au développement continu de l'économie,
dont principalement l'industrie de production et de transformation,
provoqua un appel de main d'uvre qui transforma l' Europe
en une terre d'immigration, notamment au cours des Trente glorieuses.